Une nouvelle partie de la Senne pourrait traverser Bruxelles à ciel ouvert

Pour les Bruxellois d'aujourd'hui, la Senne est une rivière quasiment invisible. Sur les 14,9 kilomètres de son parcours bruxellois, elle est actuellement couverte sur 10 kilomètres. Cette rivière fut longtemps considérée comme un égout, et au fil des ans, les communes traversées ont voulu se préserver des nuisances biologiques ou olfactives. 

Mais les temps changent et l'administration régionale de l'Environnement souhaite à présent redonner à la Senne une plus grande visibilité. Il s'agit notamment d'ouvrir les tunnels (pertuis) qui la recouvrent sur plusieurs centaines de mètres et d'autre part de restaurer les berges, actuellement verticales par des aménagements en pente douce. La première étape de ces travaux pourrait débuter fin 2019 sur la partie nord de la Senne, à proximité de la station d'épuration. 

Visite guidée dans les tunnels où coule la Senne

Dans un deuxième temps, le réaménagement du parc Maximilien dans le centre de Bruxelles, pourrait également permettre à la Senne de retrouver l'air libre sur plusieurs centaines de mètres.

L'ouverture de ces pertuis n'est pas uniquement esthétique. La région espère aussi refaire de la Senne une rivière vivante, une volonté qui s'est traduite ces dernières années, par le "draguage" d'une partie du tracé et l'évacuation de 40 000 tonnes de boues polluées. Aujourd'hui, les premiers poissons ont fait discrètement leur réapparition, des plantes aquatiques s'implantent aussi. Pour Carole Dauphin, responsable "eau" chez Bruxelles Environnement : "Sur une échelle de 0 à 10, la qualité de l'eau est passée de 0 à 2. C'est bien, mais il reste du pain sur la planche".

L'idée de percer les tunnels qui recouvrent la Senne, s'inscrit dans cette dynamique de revitalisation de la Senne. "Une rivière qui est enfermée, n'a pas accès à la lumière et l'oxygénation se fait difficilement. La variété de la faune et la flore s'en ressent forcément", explique Nathalie Guilmin, porte-parole chez Bruxelles Environnement.

La vie reprend doucement dans la Senne

A bord d'une embarcation gonflable, nous entrons dans l'un ces ces tunnels avec Patrick Panneels, chargé des relevés techniques dans la Senne, pour Bruxelles Environnement. Dans une obscurité presque totale, Patrick nous explique que l'eau de la Senne est, à cet endroit, presque transparente. Grâce au faisceau de lumière de sa lampe, on peut discerner le fond de la rivière, à travers 60 centimètres d'eau. Mais dès la sortie du pertuis, le bruit d'un écoulement caractéristique, le fait vite déchanter. Un égout se déverse directement dans la rivière, et sous nos yeux, deux lingettes imputrescibles rejoignent le courant. Oui, décidément, il reste beaucoup à faire pour rendre vie à la Senne!

En attendant, les premières demandes de permis (pour la mise à ciel ouvert) ont été introduites fin juillet. Les travaux pourraient au mieux commencer au cours de l'hiver 2019.

Le reportage radio de Véronique Fievet

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