Une génération de chiens mal élevés à cause du coronavirus ?

Au centre Clebs attitude (Namur), quelques maîtres tentent d'apprendre les "bonnes manières" à leur chien, sous les conseils de Manu, éducateur canin.
Au centre Clebs attitude (Namur), quelques maîtres tentent d'apprendre les "bonnes manières" à leur chien, sous les conseils de Manu, éducateur canin. - © RTBF - Flou

La crise du covid bouleverse nos vies. Et celle de nos animaux de compagnie aussi.

"Beaucoup de chiens nés en 2020 ont été mal sociabilisés et mal éduqués, affirme Véronique Tasiaux, du centre canin namurois Clebs attitude. Avec mon compagnon, nous les appelons les 'chiens covid'. A quoi les reconnait-on ? Cela peut être des aboiements intempestifs au contact des autres chiens ou des êtres humains, un signe que l’animal est stressé. D’une manière générale, ce sont des chiens plus méfiants."

Les chiens du confinement

Il n’est pourtant pas interdit de sortir son chien durant les périodes de confinement. En mars dernier, lors du premier lockdown, c’était même une des seules raisons admises pour mettre le nez à la fenêtre. "Mais il n’y avait personne en rue, explique Véronique Tasiaux. Pas de voitures, presque pas de gens, pas de bruit. Les chiens nés au début de l’année dernière et qui ont fait leurs premières ballades à ce moment-là n’ont pas été habitués à la vraie vie, avec toutes ses stimulations."

Un solide bouvier des Flandres de 5 mois en laisse, Fabienne témoigne : "Quand je le promène en rue, il a un peu peur des gens. Il n’a pas été habitué à voir beaucoup de monde depuis sa naissance. Adulte, il pèsera 50 kilos. Je dois absolument lui apprendre à accepter son environnement ; ne pas avoir peur des gens, de l’animation de la ville." Sur le conseil de l’éducateur canin, Fabienne sort son chien une heure par jour à Bruxelles, pour lui faire rencontrer un maximum de situations possibles, au milieu des voitures, des trams, des camions poubelles, des souffleurs de feuilles… "Comme ça, il n’aura peur de rien".

Le chihuahua de Nathalie est beaucoup moins impressionnant que le bouvier de Fabienne, mais il aboie à tout bout de champ. "Il est asocial, reconnaît la maîtresse. Je l’ai eu en novembre 2019 ; j’ai voulu commencer son éducation dans un centre canin en février, mais tout a fermé en mars. Il a vu très peu de monde. Aujourd’hui, il a de très mauvaises réactions, notamment au contact des autres chiens."

Mordillements, surexcitation, agressivité…

Au domaine de Ghanna, un important centre canin du Brabant wallon, Megane Bosteels voit aussi défiler la génération covid depuis quelques semaines. "Ce sont des chiens qui peuvent développer des comportements problématiques à la maison : mordillements, surexcitation, agressivité ou encore des problèmes d’hyper-attachement. Avec le télétravail, l’animal s’est habitué à une compagnie. Puis quand on retourne au boulot, il se retrouve tout seul et peut adopter un comportement destructeur."

Les centres canins ont fermé complètement durant les deux premiers confinements, quatre mois en tout. "Quand nous avons pu rouvrir le 15 décembre, raconte Mégane Bosteels, nous avons été débordés de demandes. Mais nous ne pouvons pas toutes les satisfaire. Avec la bulle de quatre en extérieur, nous n’acceptons que trois chiens et trois maîtres à la fois, plus le moniteur. C’est un peu au compte-gouttes. Notre agenda est complet un mois et demi à l’avance."

Chiens renifleurs: sujet JT du 26/12/2020

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