Une frontière de plus en plus poreuse entre Bruxelles et le Brabant flamand

300 000 navetteurs viennent à Bruxelles chaque jour, pour le travail mais aussi pour y trouver des places en crèche
300 000 navetteurs viennent à Bruxelles chaque jour, pour le travail mais aussi pour y trouver des places en crèche - © Jonas Hamers / ImageGlobe - BELGAIMAGE

Depuis des décennies, des Bruxellois quittent la ville pour un peu plus d’espace en périphérie, en Brabant flamand et wallon. Mais une nouvelle étude le montre : ce n’est plus un public homogène de jeunes familles belges nanties qui déménage vers le Brabant Flamand. Et par certains aspects, la vie y est de plus en plus semblable à la vie à Bruxelles.

La revue scientifique électronique Brussels Studies publie une étude sur les relations et les mouvements de population entre Bruxelles et le Brabant flamand.

Trois chercheurs de la KU Leuven (Katholieke Universiteit Leuven) y relèvent du changement.

Depuis des dizaines d'années, de jeunes familles bruxelloises avec enfants quittent la capitale pour s'installer en périphérie. Ces départs se poursuivent et, il y a eu, ces dernières années encore, plus de Bruxellois quittant Bruxelles que de Brabançons émigrant dans la capitale. Mais jusqu'à présent, les Bruxellois en partance étaient quasi exclusivement des familles d'origine belge. Ce n'est plus le cas.

"A présent, plus de la moitié des déménagements sont ceux de personnes issues de migrations, qui n’étaient pas belges quand ils sont nés", explique Filip de Maesschalck, géographe et co-auteur de la recherche. "C’est une évolution très nette et assez neuve, et elle se poursuit".

Ces familles d'origine étrangère parties dans le Brabant flamand disposent de revenus plus élevés que les familles de même origine restées vivre à Bruxelles. Mais elles restent moins bien loties financièrement que les ménages belgo-belges venus s'établir dans la périphérie flamande au départ de la capitale.

D'année en année, remarquent les trois chercheurs, le Brabant flamand présente une diversité de population plus grande, qui reflète celle que connaît Bruxelles.

Des navettes vers Bruxelles pour le travail mais aussi pour les crèches

Outre les déménagements, l'étude examine les navettes, les mouvements quotidiens entre la périphérie et Bruxelles. On estime à plus de 300.000 les navetteurs qui affluent chaque jour vers la capitale. Les trois chercheurs louvanistes mettent en exergue une nouveauté: "On constate que le travail amène les habitants de périphérie à venir à Bruxelles, mais également les écoles et les crèches. Le Brabant Flamand, comme Bruxelles, manque d'écoles et de crèches".

Avec un taux de couverture de 31% pour les crèches, Bruxelles se situe pourtant en-dessous des 36% du Brabant flamand. Mais le Brabant flamand est encore loin des 40% de taux de couverture de l'ensemble de la Flandre. Conséquences, plus de 900 enfants du Brabant flamand fréquentent des crèches bruxelloises.

Entre autres constats, l'étude conclut que la périphérie est à certains égards, plus qu'avant, une prolongation de Bruxelles: populations moins distinctes de part et d'autres de la frontière régionale, problématiques identiques d'accueil de la petite enfance, etc. "Les différences qui existent au sein de Bruxelles et au sein de la grande périphérie sont souvent beaucoup plus grandes que celles que l’on observe entre les territoires limitrophes de Bruxelles et la grande périphérie".

L'étude complète "Au-delà de la frontière. Relations socio-spatiales entre Bruxelles et le Brabant flamand" est disponible sur le site de Brusselsstudies

P. Carlot

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