Une faillite qui illustre la fragilité du secteur des entreprises Titres-Services

La société employait plusieurs dizaines d’ouvrières.
La société employait plusieurs dizaines d’ouvrières. - © www.mademoiselle-nickel.eu

La société de titres-services Mademoiselle Nickel, située en Hesbaye a déposé le bilan. Elle possédait plusieurs comptoirs dans le Brabant et à Waremme, donnait du travail à plusieurs dizaines d'ouvrières. C'est par un courrier électronique que les collaboratrices ont appris la fermeture. Le patron, lui, est parti vivre au Rwanda. Et manifestement, il n'est pas facilement joignable…

Apprendre la perte de son boulot par un courriel posté depuis la capitale rwandaise, voilà la mésaventure qui est arrivée aux quelques dizaines de travailleuses de la société hesbignone Mademoiselle Nickel. L'une d'elles témoigne, sous couvert d'anonymat : "Au début, je pensais que c’était une blague. Étant donné qu’il y avait eu encore des engagements il y a un ou deux mois d’ici, je ne pensais pas en arriver là (…) Ce que je ne tolère pas, c’est qu’il soit en nous laissant sans rien, sans repère."

C'est une société de titres-services. Le patron a mis un continent entre ses aides ménagères et lui. Est-ce une fuite ? Il a mis son entreprise en redressement à la mi-août. Un repreneur, pressenti, a fini par se désister. Le dépôt de bilan est alors devenu inévitable.

Plus d'un quart de million de dettes accumulées en deux ans, cela ne pardonne pas. Mais les ouvrières n'ont pas su grand-chose de cette déconfiture. Elles n'ont plus qu'un numéro de mobilophone pour espérer joindre leur employeur. "Bonjour (NdlR : messagerie vocale) Je ne peux vous répondre pour l’instant. Laissez-moi un message et je vous rappellerai dès que possible…"

Dans l'immédiat, les salaires du mois d'août, impayés, se sont évaporés. Ils pourraient finir par arriver, grâce au fonds de fermeture. Mais quand ? Une plainte devrait être déposée, pour abus de confiance et abus de bien social.

Au-delà du procédé, très cavalier, l'affaire illustre la précarité cachée des emplois de titres services. N'importe qui ou presque peut s'improviser gérant. Et les lendemains peuvent facilement déchanter.

Michel Gretry