Une entreprise namuroise lance un nouveau pesticide pour le marché bio

Conditionné dans de vulgaires bidons en plastique, le nouveau bio-pesticide de Fytofend est pourtant très novateur. Dix ans de recherche ont été nécessaire pour mettre au point un produit qui simule une agression de la plante. "Nous combinons un extrait de champignon, qui est un ennemi naturel des plantes, avec une molécule issu de la dégradation de la paroi de la plante elle-même, explique le professeur Pierre Van Cutsem, le fondateur de Fytofend. C'est un double signal d'agression pour la plante, qui active alors ses défenses naturelles. Et quand l'ennemi se présente réellement - un microbe, un champignon, un insecte ravageur - elle est prête au combat, en quelque sorte."

Une stratégie qui rappelle clairement celle du vaccin chez l'être humain, sauf que les plantes ne produisent pas d'anticorps. "On parle plutôt de "prémunition" que de vaccination", précise le professeur Van Cutsem.

Le marché des légumes en serre

Fytofend vient d'obtenir l'homologation de son produit pour le marché européen. Sa première cible sera les légumes cultivés en serre - comme les courgettes, les aubergines, les poivrons ou les concombres - des produits soumis à des exigences de plus en plus sévères concernant les résidus de pesticides. "Sous la pression des consommateurs et des grandes surfaces, explique Pierre Van Cutsem, les producteurs cherchent à réduire les quantités de produits chimiques.

Fytofend espère aussi obtenir bientôt une homologation pour les vignobles, un secteur où le bio est aussi en pleine expansion. "Mais à terme, estime Pierre van Cutsem, notre produit pourrait aussi intéresser l'agriculture conventionnelle."

Fondée en 2009, Fytofend investit à perte depuis 5 ans. La spin off namuroise, qui emploie quatre personnes dans le parc industriel Créalys (Gembloux), espère enfin engranger ses premières recettes en 2015.

François Louis

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