Une chanteuse cubaine, en ordre de visa, bloquée à Zaventem

Une chanteuse cubaine avec un visa pourtant en règle n'a pas pu entrer sur le territoire belge
Une chanteuse cubaine avec un visa pourtant en règle n'a pas pu entrer sur le territoire belge - © Belga

Elle se souviendra de son séjour en Belgique. Une chanteuse cubaine venue participer à plusieurs concerts, avec son groupe la "Sonora cubana", est détenue depuis deux semaines au centre fermé de l’aéroport de Zaventem. Elle n'a pas pu entrer sur le territoire, alors que ses compagnons musiciens ont, quant à eux, été acceptés en Belgique.

Cette chanteuse présentait pourtant un visa en règle, un ticket retour, elle avait 600 euros en poche et une lettre d'invitation de l'organisateur des concerts. Son avocate, Selma Benkhelifa, déclare : "Elle avait tous les documents requis mais il y a un policier qui a décidé de l’interroger sur ce qu’elle allait faire exactement ici, peut-être qu’il avait des soupçons. Elle a un visa en règle et elle pensait qu’elle allait venir ici pour chanter et tout d’un coup, on l’arrête et elle ne comprend pas du tout ce qu’on lui reproche. Ses compagnons disent qu’ils avaient exactement les mêmes documents que ce qu’elle a présenté lors du contrôle."

L'Office des étrangers explique cependant que cette personne présentait moins d'arguments que ses compagnons musiciens pour être reçue en Belgique. Dominique Ernould, porte-parole, souligne : "Un visa seul ne suffit pas. Pour obtenir un visa, il y a des conditions qu’il faut remplir mais au moment de l’arrivée sur le sol belge, les conditions sont vérifiées et dans ce cas-ci, cette chanteuse cubaine ne remplissait pas toutes les conditions : le motif de son voyage n’était pas clair, les moyens de subsistance faisaient défaut, il manquait une réservation d’hôtel et donc pour nous, les conditions n’étaient pas entièrement remplies."

Un recours en extrême urgence contre la décision d'expulsion a été débouté, la chanteuse n'étant pas menacée à Cuba. L'avocate tente encore une action devant les tribunaux pour demander sa libération, en invoquant une faute de l'État belge, à savoir la faute du policier qui a refusé le visa ou de l'ambassade qui l'a accordé. Mais il faut cinq jours pour qu’une décision de justice soit prise. D’ici là, la cubaine pourrait être renvoyée dans son pays, sans avoir vu ni la Belgique ni son public.

Myriam Baele

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