Une centaine de personnes sans-papiers investissent des bureaux vides à Ixelles

Le collectif "La Voix des Sans-Papiers" a emménagé ce dimanche après-midi dans un immeuble de bureaux inoccupé, rue Fritz Toussaint à Ixelles
Le collectif "La Voix des Sans-Papiers" a emménagé ce dimanche après-midi dans un immeuble de bureaux inoccupé, rue Fritz Toussaint à Ixelles - © Tous droits réservés

Expulsés du bâtiment qu’ils occupaient jusqu’ici à Molenbeek-Saint-Jean, les membres du collectif "La Voix des Sans-Papiers" se sont trouvé un nouveau point de chute ce dimanche. Une centaine de personnes ont déposé leurs sacs et matelas dans un bâtiment vide de la rue Fritz-Toussaint à Ixelles. Un immeuble de bureaux, propriété de l’État fédéral, et en bon état à première vue. Combien de temps pourront-ils y rester ? Quelques semaines ou quelques mois ? Pour ces personnes sans-papiers, le seul espoir consiste en la signature d’une convention d’occupation temporaire avec le propriétaire. Celui-ci devrait être contacté dans les prochains jours.
 

On est épuisés par cette recherche permanente d’un toit

Si la musique et la présence de nombreux soutiens réchauffaient les cœurs ce dimanche, personne ne sait de quoi seront faites les prochaines semaines. Le froid qui arrive, la peur d’une nouvelle expulsion, les démarches pour obtenir une hypothétique régularisation. Tout cela pèse, a fortiori quand cela dure depuis des années. Modou et les autres ont déjà connu treize ou quatorze déménagements depuis 2014. A chaque fois, il faut fourrer dans les sacs ce qui peut être emporté, se réinstaller dans un lieu inconnu, aménager un peu d’intimité pour soi-même ou pour sa famille. Cela épuise.

Le bourgmestre d’Ixelles va contacter le propriétaire du bâtiment

En fin de journée, Christos Doulkeridis, le bourgmestre d’Ixelles était averti par la police de l’arrivée des sans-Papiers dans l’immeuble de la rue F.-Toussaint. "En ville, ce genre d’occupation n’est pas rare. Nous allons vérifier l’état du bâtiment et tenter d’identifier le propriétaire. Ensuite, il sera peut-être possible de signer une convention d’occupation temporaire, comme c’est prévu par le code du Logement bruxellois. De toute façon, à court terme, il vaut mieux que ces gens soient à l’intérieur du bâtiment que dans la rue. Ensuite, nous devrons tenir compte du voisinage et éviter que cette occupation d’un immeuble vide ne crée des tensions avec ceux qui vivent à proximité".

 

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