Une centaine de manifestants du monde paysan devant le Parlement wallon à Namur

Une centaine de membres de 15 organisations du Réseau de soutien à l'agriculture paysanne (RéSAP) se sont mobilisés mercredi devant le Parlement wallon à Namur.
Une centaine de membres de 15 organisations du Réseau de soutien à l'agriculture paysanne (RéSAP) se sont mobilisés mercredi devant le Parlement wallon à Namur. - © RTBF

Une centaine de membres de 15 organisations du Réseau de soutien à l'agriculture paysanne (RéSAP) se sont mobilisés mercredi devant le Parlement wallon à Namur. Ils demandent aux députés "une politique agricole cohérente, au service d'une transition à grande échelle vers une agriculture rémunératrice, qui prenne soin de la nature et retrouve sa fonction première: nourrir la population".

Cette action s'inscrit dans le cadre de la journée internationale des luttes paysannes. A quelques semaines des élections, syndicats agricoles, ONG et associations veulent rappeler que "notre système alimentaire actuel détruit l'agriculture paysanne et familiale".

Selon le RéSAP, il est urgent que chaque niveau de pouvoir soutienne le développement de l'agroécologie, une agriculture respectueuse de l'environnement et de l'être humain.

La réforme de la politique agricole commune (PAC) menée par la Commission européenne prétend vouloir concilier une agriculture plus verte, plus compétitive, tout en négociant de nouveaux accords de libre-échange. Mais pour le RéSAP, ces objectifs sont incompatibles car cela implique de s'aligner sur les prix les plus bas et de continuer à privilégier une agriculture industrielle vouée à l'exportation. Cela au dépend de la préservation de la nature et du bien-être des producteurs.

"Le choix politique de soutenir l'agriculture industrielle a entraîné la disparition de 38.000 emplois en Belgique entre 1980 et 2016", a expliqué Catherine Tellier, membre du mouvement Action paysanne. "Il a aussi contribué à l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre."

"La diminution des coûts de production se fait au détriment des salaires décents et du respect de la nature", a également affirmé Anne-Laure Van der Wielen, de l'ONG SOS Faim.

"Les producteurs finissent par dépendre de subsides européens pour survivre", a-t-elle ajouté. "En même temps, les producteurs du sud ne peuvent concurrencer ces produits subsidiés qui inondent leurs marchés locaux."

Pour le RéSAP, l'alimentation ne devrait pas être considérée comme un bien commercial et devrait être exclue des traités de libre-échange.

"Les systèmes alimentaires doivent être organisés démocratiquement, par et pour les populations locales", a encore souligné Astrid Ayral, de la Fédération unie de groupements d'éleveurs et d'agriculteurs.

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