Une carte aérienne et en 3D de Namur révèle un gisement énergétique: le photovoltaïque

L'échevin Arnaud Gavroy présente la nouvelle carte en trois dimensions de Namur, complétée par une thermographie qui permet de mesurer l'isolation des bâtiments.
L'échevin Arnaud Gavroy présente la nouvelle carte en trois dimensions de Namur, complétée par une thermographie qui permet de mesurer l'isolation des bâtiments. - © RTBF - Flou

Vingt-mille photos aériennes ont été nécessaires pour fabriquer cette carte numérique de Namur en trois dimensions. Cette carte visualise les quelque 45.000 habitations que compte la ville et calcule, notamment, le potentiel photovoltaïque de chaque toit en fonction de sa surface et de son orientation. "Seuls 7 % du potentiel photovoltaïque namurois sont exploités, constate l'échevin de l'Aménagement du territoire Arnaud Gavroy. Les 93 % restants - on ne parle ici que des toits bien orientés, avec un bon rendement - constituent un véritable gisement énergétique pour la ville. En puissance, cela équivaut à 80 éoliennes".

Dès le 31 mai prochain, quand cette carte du 21e siècle sera accessible à tous sur internet, chaque Namurois pourra vérifier lui-même si son toit fait partie de ce "précieux gisement".

Les quartiers "rouges" et les quartiers "bleus"

Autre information intéressante tirée de cette nouvelle maquette numérique en 3D : l'isolation des bâtiments. Une partie des photos aériennes a été effectuée de nuit, dans l'infrarouge, pour réaliser ce que les spécialistes appellent une "thermographie" de la ville. Quand un bâtiment est mal isolé, la chaleur s'échappe par le toit; il apparait alors en rouge sur la carte. Au contraire, il est bleu quand le toit est bien isolé (le vert et le jaune étant des situations intermédiaires).

La carte générale de Namur fait apparaître des contrastes marqués entre des quartiers très "rouges" et des quartiers plutôt verts, tirant sur le bleu. Globalement, le centre-ville est moins bien isolé que la périphérie. Cela tient à l'âge du bâti, mais aussi à sa fonction.

"Dans la corbeille, explique Arnaud Gavroy, beaucoup d'immeubles sont exploités au rez-de-chaussée par des commerces mais les étages ne sont pas occupés. Et donc, les propriétaires ne prennent pas la peine d'isoler."

C'est aussi une question de profil socio-économique des habitants. Les quartiers moins riches, où il y a davantage de locataires que de propriétaires, comme Salzinnes par exemple, sont moins bien isolés que des quartiers plus aisés de la périphérie comme Erpent.

Mesurer l'impact des nouvelles constructions

La nouvelle maquette 3D de Namur fonctionne un peu comme Google earth, avec des techniques de navigation assez ergonomiques. Il suffit d'encoder une adresse pour se retrouver comme un oiseau au-dessus des toits et visualiser un immeuble, les autres bâtiments de la rue ou tout un quartier.

L'outil sera certainement utile en cas d'enquête publique pour analyser les nouveaux projets de constructions, la hauteur des futurs bâtiments, leur impact paysager, etc.

A plus long terme, cette carte du 21e siècle pourra intégrer encore d'autres données comme la propagation du bruit, la pollution de l'air ou les risques d'inondation.

 

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