Une campagne pour que le lac de Louvain-la-Neuve ne se transforme pas en égout à ciel ouvert

Une cinquantaine de plaques comme celle-ci on été placées
Une cinquantaine de plaques comme celle-ci on été placées - © S. Vandreck

Une cinquantaine de petites plaques ont fait leur apparition dans le centre et les différents quartiers de Louvain-la-Neuve, juste à côté de bouches d’égout. Leur message est simple : "Ne jetez rien, ici commence le lac". L’égouttage à Louvain-la-Neuve a en effet la particularité de fonctionner avec un double réseau : un pour les eaux usées, à l’intérieur des bâtiments, qui sont envoyées vers la station d’épuration, un autre pour les eaux de pluie, avec des avaloirs en rue. Ce sont ces derniers qui sont ciblés par cette campagne de sensibilisation. Leurs eaux sont directement rejetées dans le lac. "Le seul problème, c’est que beaucoup de gens confondent encore cet égout avec celui qui est pour jeter les crasses, déplore Jean-Claude Mangeot, le garde forestier de l’UCLouvain. Et tout cela se retrouve dans le lac, avec du chlore et d’autres matières qu’on peut imaginer". Ce lac, aménagé en 1984, a une fonction principale de bassin d’orage. Mais au fil des années, il est devenu un véritable écosystème. "De temps en temps, malheureusement, il est victime d’une pollution. Il suffit d’un jour ou deux, alors que le lac est en pleine santé, pour que ça tue pas mal de végétaux. Quand on perd en diversité végétale, on perd aussi en diversité ornithologique", poursuit-il.

Un système de double égouttage unique en son genre

Le nettoyage est notamment pointé du doigt : il arrive encore que des particuliers ou des sociétés de nettoyage vident leurs eaux sales et mélangées à des produits d’entretien, voire de l’eau de javel, dans cet avaloir qui n’est destiné qu’à recueillir les eaux de pluie. Les mégots, et leur composition hautement toxique, posent également problème quand ils sont jetés sur le trottoir ou parfois même directement dans l’égout. L’UCLouvain et la commune d’Ottignies-Louvain-la-Neuve doivent régulièrement rappeler la fonction de ces avaloirs de rue. "Je pense que tout le monde ne se rend pas compte que l’ensemble des égouts présents sur la voie publique à Louvain-la-Neuve va se jeter dans ce lac, contrairement à ce qui se passe dans d’autres villes, où tout va directement vers la station d’épuration", rappelle Nicolas Cordier, directeur du développement régional de l’UCLouvain. Nettoyer son trottoir avec du détergent ou y répandre de l’eau de javel, c’est donc proscrit dans la cité estudiantine.

Incivilités environnementales

L’université dit montrer l’exemple, en sensibilisant notamment son personnel et ses sous-traitants à l’évacuation des eaux de nettoyage et à l’utilisation de produits sans impact sur l’environnement. La pose de ces plaques est la première action d’une campagne plus vaste. "Il faut en effet réfléchir à toutes les personnes qui prestent sur la dalle, leur expliquer l’existence de ce double égouttage et l’importance de le respecter. La ville sera aussi plus stricte à l’égard des incivilités environnementales : après cette période de sensibilisation, il pourra y avoir une période où des procès-verbaux seront dressés à l’encontre des contrevenants, insiste l’échevin de l’environnement, Philippe Delvaux. Cela vaudra aussi bien pour des habitants qui y sont domiciliés, que pour des étudiants ou des prestataires de service extérieurs". Vu le grand taux de roulement au sein de la population néolouvaniste, des piqûres de rappel régulières seront nécessaires.

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