Une balade en locomotive de 1888 au Musée du tram de Thuin ce dimanche

Locomotive de 1988 rénovée grâce à l'équipe de passionnés du Musée du Tram de Thuin
Locomotive de 1988 rénovée grâce à l'équipe de passionnés du Musée du Tram de Thuin - © ASVI Thuin

Si vous cherchez une idée de balade pour ce week-end, nous avons un bon plan pour vous : le Musée du Tram de Thuin. Il rouvre ses portes au public et dimanche sera une journée exceptionnelle puisqu’une très, très vieille locomotive à vapeur va circuler pour la première fois. "Elle date de 1888, et a été construite aux Ateliers de Tubize. C’est la machine la plus ancienne qui subsiste en Belgique en état de marche !" Pol-Emile Brohée est fier de voir ce bout de patrimoine de l’histoire vicinale belge sortir de l’atelier. Pour le secrétaire de l’Asvi, l’Association pour la Sauvegarde du Vicinal, cette locomotive massive est le témoin parfait d’une époque révolue. "Il y en a eu partout en Belgique ! Et donc aussi dans la région de Charleroi, de Mons, de Thuin. Il faut se rendre compte qu’en 1950, on comptait encore 4000 kilomètres de lignes vicinales chez nous, essentiellement campagnardes".

Le conducteur du jour est Laurent Van Dermotte. Conduire cette vieille dame de 130 ans doit se faire avec délicatesse explique-t-il : "ces machines se conduisent principalement à l’oreille ! Le son des injecteurs, des soupapes, le son d’échappement de la locomotive. Chaque petite fuite, chaque petit jet de vapeur, chaque petit bruit dans les bielles… tout ça est à surveiller. Ça se conduit aussi au toucher : à chaque arrêt, on va aller vérifier toutes les pièces dans les bielles, pour s’assurer que rien ne chauffe. Ça se conduit à la vue aussi : on vérifie le niveau d’eau, le manomètre. Ça se conduit à l’odeur aussi : s’il y a une odeur d’huile brûlée, on va courir voir dans l’embiellage ce qui ne va pas… vous le voyez, les 5 sens sont indispensables pour conduire une telle machine !" Mais pour repartir sur les rails, cette machine à vapeur, qui transporte 3000 litres d’eau et 800 kilos de charbon, a dû subir un très sérieux lifting, explique Pol-Emile Brohée. "A un moment donné, on arrive non plus à des problèmes d’entretien, mais bien à des problèmes de reconstruction. C’est ce qui a dû se faire sur cette locomotive, avec un budget conséquent de 400.000 euros ! Heureusement, nous avons pu compter sur du mécénat". Stéphane Schneider, de la Compagnie Internationale des Trains Express à Vapeur (basée dans le sud de la France) a fourni les pièces neuves usinées comme à l’époque. "Il faut avoir les machines, ce qui en fait n’est pas le plus difficile. Le plus compliqué, c’est de maintenir le savoir-faire au niveau du personnel. Des volontaires pour travailler comme il y a un siècle, dans la crasse et sans compter ses heures, il y en a de moins en moins". La première sortie publique se déroulera ce dimanche. La locomotive transportera le public à travers les campagnes thudiniennes.


 

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