Une approche quartier par quartier, Anderlecht a un nouveau plan pour lutter contre les incivilités

Anderlecht change de méthode pour lutter contre les incivilités
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Anderlecht change de méthode pour lutter contre les incivilités - © Tous droits réservés

Sa réputation la précède. La commune d'Anderlecht souffre d'une mauvaise image en terme d'incivilités: dépôts clandestins, déjections canines, salissures en tous genres. A Anderlecht, on ne parvient pas à s'en défaire. Pire: le phénomène touche maintenant des quartiers qui étaient épargnés jusqu'ici. Alors, la commune lance un nouveau plan de lutte contre les incivilités. 

Un phénomène qui fait tâche d'huile

A Anderlecht, on revoie la copie, parce que la lutte contre les incivilités, jusqu'ici, ne donne pas de bons résultats. Au contraire. Le bourgmestre Eric Tomas ne le cache pas: "Malgré les efforts qui ont été développés ces dernières années, c'est un phénomène qui est en train de s'aggraver, parce que l'on constate que dans certains nombres de quartiers où l'on ne rencontrait pas ces problèmes de dépôts clandestins, d'incivilités, cela arrive".Du coup il faut changer la méthode. D'abord, collaborer entre les différents services : services de police, de la prévention et de la propreté publique: "Jusqu'ici, chacun des services opérait dans son domaine", explique Eric Tomas, "et on a trouvé que l'échange d'informations était indispensable". Collaborer et puis mieux comprendre la réalité du terrain, des quartiers. 

200 points noirs identifiés sur la commune d'Anderlecht 

Les différents services ont passé à la loupe chacun des quartiers puis ils en ont cartographié les incivilités. Avec un "podium" des problèmes les plus fréquents: les déjections canines au Parc Astrid, le nourrissage des canards, etc... C'est que la sociologie d'Anderlecht est plurielle, sa densité différente selon les quartiers. Cette cartographie permettra de mieux orienter les actions. Nadia Henneau du service de prévention détaille: "Si l'on va à Vaillance, on a beaucoup d'incivilités commises par les commerces, par exemple. Cureghem, c'est un quartier spécifique, avec pas mal d'arrivage de populations nouvelles, un grand brassage, des populations en transit, et donc là on se rend compte qu'il y a une question de bonne information à donner à la population sur le moment de sortir les poubelles etc... " En tout 200 points noirs ont été identifiés sur la commune d'Anderlecht. 

Avant la répression, l'information 

Sur base de ce diagnostic, les actions. La commune a lancé il y a quelques semaines une campagne d'information autour de ces incivilités. Elle va revoir la signalétique des panneaux, miser sur un réseau de citoyens particulièrement sensibilisés à la thématique. Il est aussi prévu de sensibiliser d'une part les commerçants et les propriétaires de chiens, via les vétérinaires et clubs canins par exemple. Allan Neuzy, échevin de la propreté publique explique: "Avant de réagir de manière répressive, il faut quand même avertir les gens que l'on va leur mettre une sanction, quelle sera cette sanction. Est-ce que vous étiez au courant que l'on ne pouvait pas mettre des sacs sur les pieds d'arbres? Beaucoup de gens l'ignorent". 

Rappeler ce que l'on peut faire ou pas. Et puis compter sur plus de bras. La commune va booster ses effectifs : une nouvelle équipe de propreté pour les weekends. Des étudiants viendront renforcer les équipes l'été. 

Plus de caméras de surveillance 

Pour le volet répressif, la commune va installer plus de caméras de surveillance. Jusqu'à présent elle en compte une dizaine. Plus d'agents communaux seront habilités à constater les infractions et la collaboration avec les services de police sera plus étroite. Combien de caméras? Combien d'agents en plus? On devrait y voir plus clair ces prochains jours, ces points vont passer au collège. Les montants des taxes de salissures ne sont pas augmentés. 

Ce qui est certain, pour le bourgmestre Eric Tomas, "c'est que le collège a décidé que c'était une action prioritaire. Je ne dis pas que l'on sera sans pitié, mais on sera beaucoup plus sévère. Il faut que l'on sache que c'est intolérable!". 

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