Un vétérinaire spécialiste des reptiles: des opérations tout en longueur

Comme une animal classique, le serpent est intubé et ses signes vitaux sont suivis tout au long de l'intervention chirurgicale.
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Comme une animal classique, le serpent est intubé et ses signes vitaux sont suivis tout au long de l'intervention chirurgicale. - © Tous droits réservés

Quand un serpent de plus de 3 mètres arrive chez le vétérinaire, c’est généralement loin d’être un jour comme les autres. Sauf peut-être chez David Leduc qui s’est spécialisé dans les reptiles: "C’est un métier pour lequel il n’y a pas de formation spécifique, explique le vétérinaire. On apprend un peu sur le tas lors de congrès ou chez des maîtres en France par exemple".

Question équipement, c’est le même problème. Développé pour les chats, les chiens et autres animaux plus communs, le matériel doit parfois s'adapter. Un gants de chirurgien pour maintenir la tête du serpent dans le masque à oxygène, une double table d’opération pour couvrir les 3 mètres du reptile, tout est un peu fait "avec les moyens du bord, c’est un peu du système D".

Une mode qui dure

Pourtant, la spécialisation dans la médecine herpétologique du docteur Leduc répond à une demande de plus en plus croissante: "Je dois être le vétérinaire belge le plus demandé pour les reptiles. On en traite entre 6 et 8 par jour, 300 jours par an. Parfois, des gens parcourent plusieurs centaines de kilomètres".

Et aujourd’hui, c’est une femelle de python birman qui passe sur le billard. Fécondée il y a plusieurs semaines, elle devait pondre il y a une dizaine de jours mais son propriétaire a constaté que les œufs restaient désespérément bloqués: "C’est un problème récurrent chez les reptiles d’élevage. Les paramètres comme la chaleur ou l'humidité du terrarium où ils vivent sont très importants et sans que l’on sache forcément exactement pourquoi, la moindre variation au mauvais moment peut bloquer le processus, décrit Guillaume Michel, l’assistant de David Leduc. Là il faut intervenir sans quoi l’animal risque de mourir".

Moins bien accepté qu’un animal de compagnie classique

La radiographie le confirme: plus de trente œufs se sont accumulés dans le corps du python. Il faut donc opérer. Trois incisions d’une trentaine de centimètres et près de 4 heures d'intervention permettront d'évacuer tous les œufs qui ne seront toutefois pas viables. Mais au moins le serpent survivra au plus grand bonheur de son propriétaire: "C’est loin d’être une mode passagère, défend Guillaume Michel, lui-même éleveur de serpents. Les gens sont passionnés et ce, depuis plus de 20 ans. Certains aiment l’aspect plus technique de la reproduction, la biologie de l’animal, son comportement. Pour d’autres c’est vraiment comme un chien ou comme un chat, c’est beaucoup plus affectif et ils sont très inquiets à l’idée d’une opération par exemple". Et comme les propriétaires de chiens et de chats, animaux domestiques mieux acceptés, ils peuvent prendre la mort de l’animal comme un véritable drame.

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