Brussels Airport: un décès attribué aux mauvaises conditions de travail

Un travailleur intérimaire de la société de catering a été renversé sur le tarmac de l'aéroport samedi matin vers 7 heures par un camion qui effectuait une marche arrière.

L'ouvrier était âgé d'une cinquantaine d'année. Il avait encore travaillé jusqu’à 21 heures hier soir, avant de reprendre son service à 5H ce matin.

Les 11 heures légales de coupure de temps de travail n'ont donc pas été respectées. Et ce serait souvent le cas, nous expliquent plusieurs travailleurs de l'entreprise : "Il n'est pas rare de voir un ouvrier terminer à 22h et reprendre son service avant 6 heures le lendemain. Les intérimaires n'osent pas refuser ce régime de travail. Pire, certains supplient leurs délégués syndicaux de ne pas les empêcher de travailler à ce rythme affolant. ‘Ils ont besoin de ce travail’, plaident-ils."

A plusieurs reprises, le comité pour la prévention et la protection au travail a alerté la direction. Manque d'éclairage sur les quais, marquage au sol effacé par le temps, horaires inadmissibles…Les reproches sont nombreux.

Du côté syndical, on nous explique que, ce matin, les rétroviseurs du camion à l'origine de l'accident étaient défectueux et que la caméra de recul était mal placée. "Ajoutez à cela la fatigue d'un homme qui enchaîne les heures de veille."

Et c'est l'accident tragique qui a bouleversé tout le personnel de la société.

Réunion entre syndicats et direction

"Une réunion de crise entre direction et représentants syndicaux a déjà eu lieu cette après-midi. Au cours de celle-ci, la direction a annoncé qu'un meilleur éclairage avait été immédiatement acheté. Lundi, nous réitérerons nos exigences en matière de sécurité. Si celles-ci ne sont pas rencontrées, une véritable grève n'est pas exclue, précise le syndicaliste.

Brussels Airlines se charge elle-même des en-cas et informe ses passagers

Pour l'instant, seuls une dizaine d'intérimaires et autant d'employés et de cadres travaillent. Ils préparent un plateau-repas minimal pour les vols de dimanche. La présence de l'ensemble du personnel n'est pas encore assurée pour dimanche, selon le représentant des travailleurs. Le conducteur du véhicule impliqué dans l'accident a entre-temps été hospitalisé en état de choc. LSG Skychefs emploie 450 personnes à Brussels Airport.

La compagnie aérienne Brussels Airlines tente d'informer ses passagers à l'avance des conséquences de l'interruption de travail observée au sein de la société de catering LSG Sky chefs, à la suite de laquelle la majorité des vols ne peuvent décoller avec le catering nécessaire. "Nous conseillons aux passagers de manger et boire un minimum avant de prendre leur vol. Nous nous chargeons nous-mêmes de distribuer des snacks pendant le vol", a expliqué le porte-parole de la compagnie, Geert Sciot.

"Nous tentons par tous les moyens possibles de prévoir de quoi manger et de quoi boire sur les vols", explique Geert Sciot. Les employés de la compagnie vont ainsi acheter des en-cas et des boissons dans les magasins de l'aéroport avant de les embarquer dans les différents avions.

Le porte-parole explique qu'il est difficile de prévenir tous les passagers. "Les voyageurs qui ont une correspondance à Zaventem sont maintenant en vol et ignorent l'incident survenu ici."

Les vols de Brussels Airlines enregistrent pour le moment des retards allant jusque 15 minutes. La compagnie ne peut indiquer combien de temps vont encore durer ces désagréments.

La direction de l'aéroport présente ses condoléances à la famille, aux proches et aux collègues de la victime, indique-t-elle dans un communiqué. Le parquet s'est rendu sur les lieux de l'accident pour mener une enquête.

Odile Leherte avec Belga

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