Parcs et jardins: beaucoup de boulot pour Nekto, entreprise de travail adapté à Neufvilles

A l'assaut du gazon!
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A l'assaut du gazon! - © Charlotte Legrand

Un temps sec, ensoleillé. La météo idéale pour sortir la tondeuse de l'abri de jardin. Certains préfèrent faire appel à une entreprise spécialisée. Reportage avec les ouvriers de chez Nekto, à Neufvilles. Entreprise de travail adapté, Nekto emploie 250 personnes, dont 230 souffrent d'un handicap.

Il est à peine 13h. Christophe, Harry et leurs deux collègues s'arrêtent chez la troisième cliente du jour, à Villers-Saint-Ghislain. "Et on ne traîne pas, car dans l'après-midi on est attendu à Braine-Le-Comte", glisse Harry. Gisèle est une cliente régulière de Nekto. "J'ai des contrats de tonte à l'année". Elle est contente d'avoir obtenu un rendez-vous cette semaine "pour qu'il fasse propre dans le jardin!". Chez Nekto, les demandes sont très nombreuses à cette période de l'année. "Tout le monde nous veut dans sa pelouse", rient les ouvriers. "Mais il faut s'y prendre à l'avance, on ne peut pas être partout à la fois".

 

Pas de devis au rabais

Dans l'équipe, Harry est le seul à avoir le permis camion. Il a passé son permis chez Nekto, il y a neuf mois. "Je suis arrivé dans l'entreprise suite à un accident vasculaire cérébral. J'ai des séquelles du côté gauche. C'est reconnu par l'Awiph comme handicap". La plupart de ses collègues souffrent de retard mental. "Mais le travail fourni est tout à fait professionnel", insiste Hugues Procureur, le directeur de Nekto. "C'est une nécessité, il y a tellement de concurrence sur ce marché...Travail au noir, travailleurs de l'Est...C'est de plus en plus difficile de décrocher un contrat, il faut assurer une qualité de service au client!". Certains clients imaginent obtenir des prix "imbattables", des "rabais" en faisant appel à Nekto. "Pas du tout, je dois les décevoir: nos prix sont comparables à ceux qui se pratiquent sur le marché". Sur quatre devis réalisés par le contremaître, un seul débouche sur un contrat.

Zéro heure sup

Le travail ne manque pas, néanmoins. "L'équipe est composée de douze personnes, nous tâchons de réaliser les plannings au mieux, ce n'est pas toujours évident! D'autant qu'il faut éviter que les ouvriers doivent prester des heures supplémentaires!". C'est là que Nekto veut faire la différence. "Le bien-être des travailleurs! Prenez une entreprise de jardinage classique: en plein été, les ouvriers travaillent de 7h du matin à 21h! Chez nous, les journées débutent à 8h et se terminent à 17h. Pas de travail le week-end non plus. Ca part d'une volonté de respecter la personne, son travail, sa vie privée".

Sur le terrain, Harry, Christophe et les autres apprécient. "On ne chôme pas en ce moment, c'est sûr! Beaucoup de clients. Beaucoup de demandes. Mais trois pauses quand même sur la journée, et à 17h c'est fini", explique l'un d'eux. "Après, on a notre famille...Et notre jardin aussi!", conclut Harry, dans un clin d’œil.

Bien plus que les parcs et jardins

Avec ses 12 travailleurs, l'équipe "parcs et jardins" est un "petit secteur" de l'entreprise Nekto. Elle emploie en réalité 250 personnes, dont 230 sont atteintes d'un handicap. Elles font de la peinture, de la menuiserie, du repassage (titres-services), du nettoyage...En terme d'emploi, c'est la division "emballage" qui offre le plus de possibilités. 80 ouvriers travaillent dans l'entrepôt. Le groupe Colruyt est leur plus gros client. 7 à 8 semi-remorques s'arrêtent chaque jour chez Nekto, pour charger des palettes de produits emballés.

Charlotte Legrand

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