Un téléphérique reliera le vieux Namur à la Citadelle

Le futur téléphérique de Namur partirait du bord de la Sambre et irait jusqu'au sommet de la Citadelle
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Le futur téléphérique de Namur partirait du bord de la Sambre et irait jusqu'au sommet de la Citadelle - © Tous droits réservés

Selon une étude technique réalisée par un bureau français, le meilleur tracé pour le futur téléphérique de Namur relierait les quais de la Sambre, à hauteur de la place Maurice Servais, à l'Esplanade de la Citadelle. Six-cent septante-neuf mètres de liaison, trois minutes de parcours. Le téléphérique pourrait être mis en fonction en 2018.

C'est un bureau spécialisé de Grenoble, ERIC, qui a défriché le terrain pour les autorités communales namuroises. Dans les Alpes françaises, l'installation et l'exploitation de liaisons téléphériques est un business florissant. Et c'est vrai que les visuels présentés ce mercredi matin en conférence de presse avaient un petit goût de sports d'hiver. Les ingénieurs ont envisagé une quinzaine de tracés différents.

Préserver le paysage de la Citadelle

La station de départ aurait pu être installée devant la Maison de la culture de Namur ou même sur le Grognon, à côté du Parlement wallon, mais ces options ont finalement été écartées au profit d'un départ depuis les quais de la Sambre, à hauteur de la place Maurice Servais, à l'orée du piétonnier de de la vieille ville. "C'est un tracé qui permet de préserver l'intégrité du paysage de la Citadelle, plaide le bourgmestre Maxime Prévot, mais qui permet aussi d'avoir une magnifique vue sur le quartier du vieux Namur, et qui permet surtout de faire une liaison entre le piétonnier touristique et l'Esplanade de la Citadelle, où il y a beaucoup d'activités qui se développent; c'est aussi le point d'arrivée des cars de touristes."

La ville de Namur avait déjà marqué sa préférence pour un départ du téléphérique de la place Maurice Servais. Encore fallait-il que ce soit possible. "Avec le bâti qui sépare la place et la Sambre, ce n'est pas possible d'installer la station de départ sur la place, comme l'envisageait la ville, explique Fabien Abinal, Ingénieur chargé d'affaires chez ERIC. Le tracé retenu suppose donc la destruction d'un bâtiment sur le quai pour laisser la place à la station." Le bâtiment en question, qui ne présente pas d'intérêt architectural, appartient à la Ville. Il abrite actuellement une crèche.

La station d'arrivée serait, elle, installée au sommet de la Citadelle, sur l'Esplanade, au terme d'un parcours de 679 mètres de long. L'étude privilégie un type de téléphérique - les télécabines débrayables - qui ne suppose pas des pylônes de trop grande taille. Il y en aurait 6 sur la liaison, mesurant entre 20 et 25 mètres de haut.

Vers une exploitation privée

Ce jeudi, le Conseil communal de Namur devrait voter un appel à candidature pour connaître les groupes privés intéressés à construire et exploiter le téléphérique durant 30 ans. "Nous préférons concéder l'exploitation à une entreprise dont c'est le métier", explique Maxime Prévot. Cela permettra sans doute de réduire les coûts à charge des pouvoirs publics."

D'après une estimation prudente, la conception et la construction du téléphérique coûteraient 8,7 millions d'euros. Les coûts d'exploitation durant 30 ans s'élèveraient à 19,6 millions d'euros et les coûts d'entretien à 3 millions d'euros. Quant aux recettes, à raison de 350.000 euros par an, elles s'élèveraient à 10,5 millions sur 30 ans. Le bourgmestre a pris sa calculette : "Cela porte le coût d'exploitation à environ 12 millions d'euros sur 30 ans, soit 405.000 euros par an, à charge des pouvoirs publics. Nous utiliserons une enveloppe de subsides alloués par la Région wallonne aux grandes villes pour le développement de projets métropolitains."

La ville de Namur espère mettre son nouveau téléphérique en service à l'été 2018 et atteindre 75.000 utilisateurs par an dès l'année suivante.

François Louis

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