Un projet d'onco-sexologie s'étend progressivement au CHU de Liège

Le CHU de Liège
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L'impact du cancer sur la qualité de vie : c'est la problématique que le CHU de Liège a choisi d'évoquer dans les quatre newsletters qu'il publiera chaque jeudi d'ici le 4 février. Le 4 février est la journée mondiale du cancer. Aux interrogations sur la mort qui étaient très souvent de mise auparavant, ont succédé d'autres sur la manière d'apprendre à vivre avec la maladie.

La première question abordée par le CHU de Liège, dans sa newsletter de ce jeudi et dans un colloque qu'il organise ce soir, est celle de la sexualité après un cancer.

Il y a sept ans, la psychologue et sexologue Christine Debois a lancé un projet d'onco-sexologie. Il fonctionne au sein du service d'urologie de l'hôpital et concerne pour l'instant essentiellement des patients touchés par un cancer de prostate.

Qu’est-ce qui a poussé Christine Debois à lancer ce projet d'onco-sexologie ? " C’est la détresse des gens. ", répond-elle, " Les personnes qui ont un cancer de prostate voyaient leurs besoins profondément non respectés et je me trouvais face à des hommes de 50 ans qu’on n’avait pas informés de toutes les solutions possibles pour les aider au niveau de leur santé sexuelle. L’idée était de développer vraiment l’onco-sexologie dans tous les services du CHU de Liège. Ce qui a pu être mis en place, c’est dans un service pilote, le service d’urologie, une sensibilisation du personnel, pour pouvoir libérer leur parole et leur permettre de mieux accompagner les gens, et aussi un accompagnement spécifique des personnes et de leurs couples. "

L’idée reste bien d’étendre ce projet à d’autres services. " C’est déjà ce qui est en train de se faire tout à fait progressivement puisqu’une nouvelle équipe a été formée et trois onco-sexologues travaillent maintenant depuis le mois d’octobre et collaborent avec les équipes médicales et paramédicales. ", explique Christine Debois, " Petit à petit, le fait de considérer la santé sexuelle comme une variable pertinente de qualité de vie est vraiment quelque qui est en train de s’installer. "

Erik Briers a été opéré d'un cancer de prostate en 2002, il avait alors 50 ans. Un implant pénien lui a été posé il y a deux ans. " Le patient qui est saisi d’un cancer de prostate - parce que on parle pour l’instant essentiellement de ça - après son traitement, il est confronté avec une nouvelle vie. ", témoigne Erik Briers, " Dans cette nouvelle vie, il est confronté avec une partie de sa vie qu’il semble avoir perdue, c’est sa vie sexuelle. C’est là que ce projet est extrêmement important : prendre ces patients en charge rapidement, ne pas laisser le patient tomber dans une dépression. C’est un élément qui vous rend de l’espoir, l’espoir de regagner sa vie. "

Trop souvent le patient manquait d’informations ou d’informations complètes. Erik Briers constate : " On ne reçoit que des parcelles d’information, par exemple sur des effets secondaires – impuissance, incontinence, … - sans y ajouter l’information sur ce que le monde médical peut faire pour ces conséquences. Ce qui de nouveau amène le patient dans un état d’espoir : s’il y a quelque chose qui m’arrive on pourra m’aider. "

Il est également important que le patient puisse en permanence trouver l’information en fonction de l’évolution de son cas personnel. " Il est très important que chaque patient puisse avoir accès à l’information dont il a besoin au moment où il est dans sa vie, dans son traitement. Tout de suite après le traitement, il n’a peut-être pas beaucoup d’envies. Mais après un certain temps, il peut retrouver l’envie d’avoir une vie sexuelle, avec son épouse par exemple. "

Avoir une perspective claire de ce que pourra être sa vie après aide aussi à lutter contre la maladie. " Pour guérir d’un cancer, il faut beaucoup d’énergie, il faut être bien dans sa peau. ", explique Erik Briers, " Ça va renforcer sa capacité de guérison. "

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