Attaque au couteau contre un policier à Bruxelles: enquête ouverte pour terrorisme

Un policier blessé dans une attaque au couteau au commissariat central de Bruxelles Capitale
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Un policier blessé dans une attaque au couteau au commissariat central de Bruxelles Capitale - © Tous droits réservés

Une attaque au couteau a eu lieu vers 5h30 ce matin commissariat central de Bruxelles Capitale-Ixelles, rue du Marché au Charbon. Un policier posté à l'entrée du commissariat a été poignardé, et légèrement blessé. L’auteur était armé de deux couteaux de cuisine et a visé le policier au niveau du cou. Le policier a été blessé sérieusement mais ses jours ne seraient pas en danger.

Deux collègues du policier attaqué ont riposté en ouvrant le feu sur l'agresseur, le blessant à la poitrine, ce qui a permis de le neutraliser. L’auteur des coups de couteau a également été emmené à l’hôpital. Ses  jours ne sont pas en danger

Enquête pour tentative d’assassinat dans un contexte terroriste

Le parquet de Bruxelles a fait le point en fin de matinée. A la suite de cette agression, le suspect a été privé de liberté et un juge d'instruction a été saisi pour des faits de tentative d'assassinat dans un contexte terroriste.  Le mobile de l’attaque n’est pas connu. Le caractère terroriste des faits n'est pas pour autant avéré, y souligne-t-on. "Nous n'avons pas encore pu établir avec certitude le motif de l'auteur. L'homme n'a pas encore pu être entendu mais des témoins l'ont entendu crier 'Allahu akbar' ('Dieu est grand', NDLR)", précise Ine Van Wymersch, porte-parole du parquet. "A ce stade de l'enquête, nous gardons une qualification des faits la plus large possible mais ces derniers pourront être requalifiés au cours de l'instruction", précise encore la porte-parole. 

Le suspect est un homme de nationalité belge né en 1984 était déjà connu de la Justice pour une série de vols avec violence pour lesquels il a été condamné à plusieurs reprises.  En 2014, la chambre des mises en accusation avait décidé de son internement pour des faits de tentative de meurtre et de port d'arme prohibée.  Malgré un avis négatif du parquet, il a toutefois été remis en liberté en octobre dernier, à l'essai, par la Chambre de protection sociale du tribunal de l'application des peines.  

Selon le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon, qui a réagi ce matin, l'auteur ne serait connu "ni par l'OCAM, ni par la police" pour des faits de terrorisme. Et le ministre d’ajouter : "La police est une nouvelle fois victime d'une attaque lâche ".

Pas assez de sécurité pour les policiers, selon un syndicat

Cette agression interpelle le responsable syndical de la CSC pour la police bruxelloise. Pour Adam Amri,  la sécurité des policiers n’est pas  suffisamment prise en compte : "C’est clairement insatisfaisant. Le dispositif mis en place, par exemple à 10h du matin est également le même que celui mis en place en routine, le même dispositif que ce matin au moment de l’attaque. Alors qu’une attaque a eu lieu, la moindre des choses serait d’au moins renforcer ce dispositif, de se poser la question si tout a bien fonctionné. En attendant de savoir si tout a bien fonctionné, il faudrait renforcer la garde. Ce n’est pas le cas. C’est tout à fait insatisfaisant voire scandaleux. Et il est fort probable que ce soit dû à un manque structurel de personnel".

Adam Amri, de la CSC, estime aussi que de manière générale, la sécurité des policiers ne serait pas garantie : "La situation sécuritaire, au niveau des bâtiments, dans la région Bruxelles-Capitale est difficile, à deux ou trois exceptions près. Ils sont pour la majorité dans des bâtiments vétustes, dont la configuration ne peut être changée facilement. Donc, les conditions de sécurité pour nos collègues sont clairement insatisfaisantes, sur l’ensemble de la Région".

Ce syndicaliste estime aussi que l’analyse des risques encourus par le personnel de la police à Bruxelles est insuffisante : "Les analyses de risques sont un obligation pour les employeurs qui doivent déterminer les risques et prendre des mesures.  Sur Bruxelles, dans les services qui doivent procéder à ces analyses de risques, ils sont une ou deux personnes alors que la police compte 2500 membres pour lesquels il y a plusieurs centaines d’événements chaque année. Donc le service qui doit faire ces analyses de risques est débordé.  Mais ce n’est pas parce que ce service est débordé que la sécurité de nos collègues doit être impactée".

C’est toujours la question de l’équilibre à trouver entre une ville qu’on ne veut pas transformer en bunker

Ce à quoi le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close répond : "Evidemment, l’analyse de risques est permanente.  Aujourd’hui, on ne doit pas jouer avec la sécurité de nos policiers. Donc, on les a déjà beaucoup équipés. Mais ici, vous avez un individu isolé qui passe devant le commissariat et qui sort. Donc, ça n’a rien à voir avec un événement ou avec le président Macron qui était là. Aujourd’hui, on a des déséquilibrés qui viennent à un moment donné pour venir agresser des policiers. Il faut pouvoir en tenir compte, notamment dans l’équipement de nos policiers.

Faut-il instaurer des mesures de sécurité supplémentaire autour du commissariat ? Philippe Close répond: "C’est toujours la question de l’équilibre à trouver entre une ville qu’on ne veut pas transformer en bunker. On doit continuer à avoir une ville ouverte et, en même temps, assurer la sécurité de la population et des forces de l’ordre.  Donc, c’est cet équilibre qu’il faut en permanence remettre en question. Nous aurons les débriefings mais de façon raisonnée, avec sang-froid, avec méthode et détermination".

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