Un policier abattu lors d'une intervention à Spa: ce que l'on sait ce dimanche soir

Un agent de la zone de police des Fagnes a été abattu à Spa alors qu'il procédait au contrôle d'un véhicule en compagnie d'un autre agent dans la nuit de samedi à dimanche. Il est deux heures du matin, une dispute éclate dans un bar du centre-ville après que cinq Néerlandais se soient vus refuser l'entrée de l'établissement. Le ton monte et la police est appelée sur place. Trois Néerlandais s'enfuient à bord d'un taxi mais la patrouille rattrape le véhicule pour le contrôler.

C'est au moment du contrôle que l'un des passagers tire à plusieurs reprises en direction des policiers. Des riverains, témoins de la scène, racontent les événements à la RTBF : "J’ai entendu tirer, j’ai été sur la terrasse et j’ai vu un policier qui quittait le 'combi' et qui courait se cacher derrière un arbre. Les coups de feu se sont arrêtés, il a recouru vers son collègue qui était tombé dans la rigole. Il a alors crié Amaury ! Amaury !", le prénom de l'inspecteur de police décédéSon collègue réplique et c'est l'enquête qui devra déterminer si c'est ce tir qui a blessé Ivo T. Celui-ci avait pris la fuite mais a finalement été interpellé vers 9h30 à Spa.

Malgré l'appel des collègues aux services d'urgence, l’hélicoptère médicalisé est appelé sur place, mais il ne peut plus rien faire pour sauver la vie du policier de 38 ans. 

S’engage alors une course poursuite contre les passagers du taxi partis à pied. Les policiers s’orientent vers les bois qui entourent le centre-ville. C'est dans ses bois qu'un des suspects, Ivo T., un homme d'origine néerlandaise âgé d'une trentaine d'années, a été arrêté dans la matinée de ce dimanche. Blessé à l'abdomen par balle, l'homme n'a pas opposé beaucoup de résistance lors de son interpellation.

Selon des sources policières à la RTBF, le suspect n'était pas dans son état normal et visiblement sous influence de l'alcool et/ou de la drogue. Le suspect interpellé n'a donné que très peu d’informations aux policiers et les enquêteurs n'ont pas encore la certitude qu’il s’agit bien du tireur.

D'autre suspects toujours recherchés

Par ailleurs, la police aurait identifié deux autres membres du groupe. Quant à l’arme qui a servi à tuer le policier, les recherches effectuées avec un chien pisteur n’ont rien donné pour l’instant. 

Le parquet de Liège a annoncé dimanche en début de soirée la suspension de l'audition d'Ivo T., un Néerlandais d'une trentaine d'années suspecté d'avoir abattu dimanche vers 2h00 du matin un policier de Spa. L'audition "ne reprendra que lundi en fin de matinée. Elle n'a actuellement pas permis de faire la lumière sur les faits survenus avenue Reine Astrid", a précisé le parquet qui communiquera davantage lundi après-midi.

Le conducteur taxi a quant à lui déjà été entendu par les enquêteurs. Sous le choc, il n'a pas pu donner de précision sur l'identité du tireur, la scène s'étant passée dans son dos.

Les enquêteurs disposent de 48 heures pour procéder à l'interrogatoire du suspect qui devrait être présenté lundi en cours d'après-midi au juge d'instruction.

La colère, la tristesse et l'indignation

Sur Twitter, le ministre de l'Intérieur Jan Jambon a exprimé ses condoléances et son soutien aux proches du policier abattu. Il a par ailleurs tenu à rappeler l'importance de la tâche des policiers à notre micro. Il s'est également rendu sur les lieux du drame en présence du roi vers 15H ce dimanche. 

Le Premier ministre a adressé ses condoléances, Charles Michel condamne cet acte qu'il qualifie d'attaque envers notre société démocratique.

Stéphane Deldicque, vice-président de la CSC services publics, a exprimé un "sentiment de colère, d'indignation et d'impuissance face à la tragédie de Spa".

La police fédérale a elle aussi adressé tout son soutien aux policiers de la zone de police des Fagnes ainsi qu'aux proches du policier décédé.

Il s'agit du premier agent tué dans l'exercice de ses fonctions depuis le 29 mai à Liège. Ce jour-là, deux policières et le passager d'une voiture avaient été tués dans une fusillade précédée d'une attaque au couteau. L'auteur, Benjamin Herman, avait été abattu par les forces de l'ordre.

Le cabinet du gouverneur indique par ailleurs que cet événement est indépendant du Grand Prix de Francorchamps et ne menace donc pas la tenue de ce dernier.

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