Un pilote témoigne: "Vu d'en haut, éviter de survoler la ville semble une évidence"

Après le décollage, il est techniquement possible, dit notre pilote, de faire tourner directement vers la droite, bien plus souvent vers la périphérie nord en Flandre.
Après le décollage, il est techniquement possible, dit notre pilote, de faire tourner directement vers la droite, bien plus souvent vers la périphérie nord en Flandre. - © Belga

Préserver la santé des Bruxellois ou privilégier des milliers d’emplois à Zaventem ? C’est tout le dilemme dans l’épineux dossier du survol de Bruxelles. Pour limiter le bruit des avions, la Région bruxelloise veut faire appliquer ses normes d’ici mercredi, avec des amendes à la clé pour les compagnies.

Bruxelles pourrait continuer à être plus tolérante si on accepte ses conditions, notamment que certaines routes aériennes soient moins utilisées.

La Flandre ne veut pas de ces changements et craint que les normes de bruit ne fassent fuir les compagnies. Le blocage est complet.

Dans ce contexte, nous avons pu recueillir le témoignage d’un acteur doublement concerné : il est à la fois pilote d’avion et lui-même survolé en tant qu’habitant de Bruxelles. 

Vers Grimbergen, il y a de la verdure, des champs et des petits bois partout

Notre interlocuteur souhaite garder l’anonymat pour ne pas perturber son travail, mais dit ne plus supporter certaines contre-vérités. À la fois pilote et Bruxellois survolé, il comprend les défenseurs de l’emploi et ceux de la qualité de vie, mais il répète "vu d’en haut, éviter de survoler la ville semble une évidence !"

"Vers Grimbergen, il y a de la verdure, des champs et des petits bois partout. N’importe quelle autre direction, et vous êtes dans des zones habitées."

Après le décollage, il est techniquement possible, dit-il, de faire tourner directement vers la droite, bien plus souvent vers la périphérie nord en Flandre. Le vent, dit-il, ne justifie pas la plupart du temps un changement de trajectoire. À ses yeux, ce n’est qu’un choix politique.

"Gatwick fait 4 fois le trafic de Bruxelles et il n’y a qu’une seule piste pour atterrir et décoller, donc on peut très bien faire travailler un aéroport de grande échelle avec une seule piste. Düsseldorf, c’est la même chose."

Ce pilote invite les élus à étudier le survol des autres aéroports en Europe, ceux dont la santé économique n’a pas été entravée par la proximité d’une ville, ceux qui prospèrent sans multiplier les pistes et les trajectoires à l’abri des querelles de drapeaux.

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