Un parcours d'intégration aussi à Bruxelles?

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https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_chat-parcours-d-integration-fausse-bonne-idee?id=7799064 - © Belga

Charles Picqué propose d’instaurer à Bruxelles un parcours d’intégration comme l’ont fait la Flandre et la Wallonie. L'idée du ministre-président PS n'est pas neuve : proposer ou imposer aux étrangers qui viennent habiter chez nous des cours de langue et de citoyenneté. Mais jusqu'à présent, à Bruxelles, il n'y avait jamais eu assez de volonté politique suffisante à instaurer le système. C'est peut-être en train de changer. La note de Charles Picqué sera soumise demain en collège de la Cocof, le bras bruxellois de la Communautés française.

Un étranger qui vient vivre à Bruxelles devrait se présenter à un bureau d'accueil, suggère Charles Picqué. Ce serait une obligation pour tout nouvel habitant non européen, avec permis de séjour.

''Ce bureau d’accueil va donner à la personne un certain nombre d’informations mais va aussi tester les difficultés pour s’exprimer. Cette personne va être, selon le test qui sera fait, obligée de suivre une formation en français ou en néerlandais.’’

Ces dernières années, c'est surtout le MR, dans l'opposition, qui a défendu à Bruxelles un parcours d'intégration imposé aux nouveaux habitants. Au PS, en Wallonie comme à Bruxelles le mot "imposé" n'était pas très apprécié. ''On ne peut pas contester qu’il y ait à l’intérieur du PS des avis différents. C’est pour ça que je cherche un compromis. C’est de rendre, en tout cas, obligatoire le cursus linguistique. Ça veut dire qu'en ce qui concerne le cursus formation citoyenne et insertion professionnelle, on verra avec d’autres systèmes pour répondre à cette préoccupation-là. En tous cas, on ne peut pas contester que la connaissance d’une des deux langues nationales est indispensable à la bonne insertion socio-professionnelle’’ souligne Charles Picqué.

Trouverait-on les 200 formateurs et les quinze millions d'euros annuels nécessaires ? Peut-on instaurer un parcours qui accueille différemment une ressortissant européen et non européen ? L'idée sera soumise aux partenaires des socialistes à la Cocof (Commission Communautaire Française). Le CDH annonce déjà: cela va dans le bon sens. C’est ce qu’estime en tout cas Benoit Cerexhe, ministre de l'emploi à Bruxelles : ''l’apprentissage de la langue est vraiment un élément fondamental pour s’intégrer dans une société, ainsi que pour pouvoir suivre un parcours scolaire parce que lorsqu’on arrive en première primaire et qu’on ne connait pas la langue, on voit qu’il y a immédiatement un décrochage scolaire qui s’en suit. Et par la suite, pour trouver un emploi et s’intégrer sur le marché du travail, si la personne ne connait pas une de nos deux langues nationales, c'est quasi impossible.'' Benoit Cerexhe regrette pourtant le peu de concertation avec la Wallonie.

Chez écolo, c'est silence radio. ''Nous ne commentons pas, nous n'avons pas encore reçu les détails de cette proposition'', justifie le cabinet de Christos Doulkeridis.

En ce qui concerne le MR, c’est mi-figue, mi-raisin. Le MR défend depuis longtemps l'obligation d'un parcours à l'arrivée à Bruxelles. Mais Françoise Schepmans, chef de groupe à la Cocof est tout de même agacée : ''le contenu va exactement dans le même sens que ce qui a été préalablement proposé par le Mouvement Réformateur. Je ne comprends pas pourquoi, à l'époque, on m'a dit que ce n’était pas intéressant, que c’était difficile à mettre en place, qu’on n’avait pas les moyens financiers et que l’intégration était une chose qui se faisait naturellement. Et puis tout d’un coup, aujourd’hui, il y a urgence et tout le monde se sent concerné. Je pense que quand on est un responsable politique, il faut pouvoir prévoir et appréhender les changements.’’

Si cette idée se concrétise, ce ne sera pas pour toute suite. La complexité des institutions bruxelloises corse l'initiative. Il faut un accord sur ces principes à la Cocof, institution francophone et ensuite la Cocom (Commission Communautaire Commune), institution bilingue, doit approuver l'obligation de ce parcours. Aux deux étapes, le débat s'annonce sensible.

Notez que si ce projet voit le jour tel quel, les parcours d'intégration seront différents à Bruxelles, en Flandre et en Wallonie.

Myriam Baele

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