Coronavirus en Belgique : les bourgmestres désormais directement informés par Sciensano, grâce à un nouveau dispositif

Un nouveau dispositif pour que les bourgmestres soient mieux informés de l'évolution du coronavirus dans leur commune
Un nouveau dispositif pour que les bourgmestres soient mieux informés de l'évolution du coronavirus dans leur commune - © Tous droits réservés

A partir de ce mardi 4 août, les bourgmestres recevront de manière automatique des informations sur l’évolution de l’épidémie de coronavirus dans leur commune, via un canal officiel. Jusqu’à présent, les bourgmestres devaient se contenter des informations mises en accès libres par Sciensano, et faire jouer leur réseau afin d’estimer la situation sur le territoire de leur commune.


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Désormais, et c’était une demande de beaucoup de bourgmestres, l’information leur parviendra quotidiennement, directement depuis Sciensano, en passant par les autorités régionales, soit l’AViQ, pour la Wallonie.

"Nous avons décidé de communiquer au niveau local avec les bourgmestres de chaque commune wallonne, en passant par le Centre régional de Crise, qui fait office de point focal et de source authentique. Ce sont eux qui se chargeront de centraliser l’information" explique Alexandra Alba-Torres, coordinatrice à la cellule de surveillance des maladies infectieuses de l’AViQ.

Entre 2 et 9 cas : un rapport informatif

"Cette information prendra la forme d’un rapport informatif dans un premier temps. Lorsqu’une commune comptera entre deux et neuf cas confirmés COVID-19, un rapport informatif sera généré automatiquement, et sera envoyé sur une plateforme sécurisée, à laquelle a accès le Centre régional de crise qui le transmettra alors au bourgmestre concerné. Ce bourgmestre devra constituer une cellule de coordination et de planification d’urgence. Il sera donc en mesure, sur base des informations communiquées dans le rapport, de mettre en place des mesures ciblées au niveau local."

Plus de 10 cas : un rapport d’analyse

"Si l’évolution est à la hausse et qu’on atteint le seuil de dix cas confirmés, la commune reçoit alors un rapport d’analyse, plus complet, qui là va viser les foyers épidémiologiques qui vont apparaître, que l’on appelle en fait des clusters géographiques, identifiés sur des cartes. Et on spécifiera si le cluster est de type familial, structurel, etc. "

"Évidemment toutes les données sont anonymisées, et on ne partage pas de données médicales sensibles. On est tenu de respecter le RGPD. La localisation du cluster se fera à l’échelle du quartier."

Il était temps

Il était temps, pour Nicolas Martin, bourgmestre de Mons, que cet outil voie le jour. "Jusqu’à présent, on n’avait aucune donnée statistique officielle qui nous était transmise par les autorités gouvernementales. Maintenant, on va enfin pouvoir avoir un tableau de bord quotidien qui reprend à la fois l’évolution de l’épidémie dans le pays, en Wallonie et dans l’ensemble des communes. Ce sera un bel outil pour les autorités locales pour pouvoir appréhender les situations problématiques le plus rapidement possible.

Et d'ajouter, "l’utilité d’un tel outil c’est que l’on puisse agir à un niveau local, voire infralocal, de quartier, d’entreprise, de maison de repos, et que l’on puisse ainsi prendre des mesures particulières, par exemple de port du masque, ou dans les cas les plus extrêmes, des mesures de confinement. En tous les cas c’est une unité de décision géographique qui est pertinente."