Un médecin du CHR de Namur suspendu pour une euthanasie contestée

Un médecin du CHR de Namur suspendu pour une euthanasie contestée
Un médecin du CHR de Namur suspendu pour une euthanasie contestée - © OLIVIER VIN - BELGA

Un patient a été euthanasié en juin dernier au sein du service des soins palliatifs du CHR Sambre et Meuse, mais un membre de la famille a porté plainte et une enquête a été ouverte pour assassinat.

Quelques jours avant l’euthanasie, la fille du patient avait introduit un recours en urgence devant le tribunal des référés de Liège pour repousser la date fatidique. Elle estimait que son père n’était pas en mesure de donner son consentement. Le juge a demandé au médecin de postposer l’euthanasie afin de procéder à une expertise psychiatrique du patient.

Mais le médecin a estimé que la volonté de mourir de son patient était consciente, répétée et sans pression extérieure. Et surtout que sa souffrance était trop grande. Deux autres avis médicaux avaient été obtenus. Bref : toutes les conditions prévues par la loi belge sur l’euthanasie étaient, selon lui, remplies. Et le 17 juin dernier, le patient a été euthanasié.

Une instruction pénale ouverte pour assassinat

Quelques jours après le décès du patient, la police a débarqué à l’hôpital, a saisi le dossier et une instruction pénale pour assassinat a été ouverte.

Evidemment dans cette matière-là – et c’est ça qui rend le travail des médecins si délicat – il n’y a pas de demi-mesure : soit c’est un acte médical, légal, difficile, courageux même : l’euthanasie. Soit c’est un meurtre avec préméditation.

On comprend l’émoi que ce dossier suscite au sein de l’hôpital. De nombreux médecins du CHR ont manifesté leur soutien à leur collègue. Après un examen attentif du dossier, la direction médicale de l’hôpital estime que le médecin incriminé a respecté la législation sur l’euthanasie.

Mais en attendant les conclusions de l’enquête pénale, le médecin a été écarté du service des soins palliatifs.

 

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