Un marcassin en plein Bruxelles, amené par un chasseur

Anderlecht compte un marcassin... un invité des Ardennes
Anderlecht compte un marcassin... un invité des Ardennes - © Tous droits réservés

Le centre de revalidation des animaux sauvages à Anderlecht soigne toutes sortes de petites bêtes mal en point: des oiseaux abimés par des chats, des renards blessés sur la route,... mais des sangliers en pleine ville, c'est rarissime. Un petit marcassin a été amené à Anderlecht par un chasseur des Ardennes, il y a un mois et demi.

Ce marcassin est né dans les forêts de Tellin, dans les Ardennes. Il a été amené au centre de revalidation d’Anderlecht par un chasseur parce que la laie a fui pendant la chasse, laissant son petit seul et encore incapable de se nourrir. " Il était en très bonne santé, mais pesait moins dun kilo ", explique la soigneuse Nadège Pineau. Elle lui ouvre la porte de l’enclos… et directement, le marcassin file en cuisine et fouille les recoins à la recherche de nourriture. " Il faut le reprendre assez vite, parce quil est capable de manger pas mal de choses, il a un odorat et un appétit très développés ".

Pas de retour possible à la nature

Le marcassin est visiblement à son aise dans ce centre de revalidation. Il devra pourtant le quitter dès qu’une solution sera trouvée. "On lui cherche une place dans un parc animalier" explique le directeur du centre Corentin Rousseau. "Il devra vivra toute sa vie en captivité, parce qu’on ne pourra pas le relâcher : c’est la loi".

A Bruxelles, il y a une (petite) population de sangliers en forêt de Soignes, très surveillée pour éviter qu’elle ne s’étende, pour une question d’équilibre de la faune et de la flore, mais aussi pour une question de sécurité routière. "Il y a de plus en plus d’accidents de la route liés à ces animaux-là" explique la soigneuse.

Et en Wallonie, pas question non plus de relâcher du gibier, "des chasseurs pourraient se lancer dans l’élevage du gibier et le relâcher pour la chasse ".

Des soigneurs partagés

Au centre de revalidation, le geste de ce chasseur laisse une impression mitigée. "Il a sauvé la vie du marcassin. Tout seul le petit n’aurait jamais survécu, il n’était pas encore capable de se nourrir. Mais ce sont aussi les chasseurs qui l'ont mis dans cette situation-là, en faisant fuir sa mère" explique Corentin Rousseau.

La chasse pourtant aide à diminuer cette population croissante de sangliers. "Oui, mais pourquoi sont-ils beaucoup plus nombreux qu’il y a vingt ans ?" poursuit Corentin Rousseau, "c'est parce que les chasseurs nourrissent les sangliers. On voit du blé qui pousse dans les bois à cause des graines dispersées et on voit maintenant des petits naitre toute l’année, des marcassins qui marchent derrière leurs mères dans la neige, parce que les laies sont assez bien nourries pour avoir des petits en automne ou en plein hiver." Un petit comme le marcassin d’Anderlecht, né début novembre.

Il ne porte pas de nom. Les soigneurs veulent lui laisser l’anonymat de la vie sauvage, même s’il ne retournera pas dans les forêts de Tellin.

M.Baele

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