Un Liégeois initie des détenus de la prison de Marche à l'apiculture

Apiculture à la prison de Marche (photo SPF Justice / Service Information et Communication / Stephen Vincke
Apiculture à la prison de Marche (photo SPF Justice / Service Information et Communication / Stephen Vincke - © D.R

A la prison de Marche, les détenus peuvent suivre un atelier d'apiculture! 3 ruches ont été installées dans l'enceinte de ce tout nouvel établissement pénitentiaire ouvert depuis moins d'un an. Le liégeois Stephan Galetic est un philosophe doublé d'un passionné des abeilles. C'est lui qui est à l'initiative de cet atelier alternatif que suivent maintenant depuis quelques mois, huit détenus. C'est une première en Wallonie.

L'activité pourrait bientôt être proposée aussi à la prison de Huy. Avec l'asbl qu'il a créée, "Made in abeilles", Stephan Galetic propose des cours théoriques et un atelier pratique où les détenus prennent soin des abeilles. Comme l'explique Didier, un détenu qui purge une peine importante à Marche. "Quand je sors d'ici pour me rendre à l'apiculture, je me sens en liberté durant 2 heures. J’aime bien les abeilles et je ne voudrai pas qu’on y touche. Elles sont plus sages que les humains. Assommer un détenu, je m’en fous mais pas tuer une abeille. L’apiculture calme et apaise. On se sent utile à quelque chose".

Deux surveillants pénitentiaires surveillent l'activité, au départ, avec quelques appréhensions. Comme l'explique Christine Hulin, une des surveillantes. "J’avais peur de me faire piquer par les abeilles. Et puis on s’habitue et on remarque que les détenus viennent travailler et s’occupent bien des ruches et c’est parfait".

Jean-Philippe Bolly, directeur à la prison de Marche est également satisfait de cette activité proposée aux détenus. "La télévision ou d’autres activités sportives c’est bien. Mais avec l’apiculture on sent vraiment l’envie des détenus de s’en occuper. Il y a le rucher, il y a le jardin et on a construit des hôtels à insectes. On leur donne une panoplie d’activités qui leur permet de voir autre chose que ce qu’ils ont, peut-être, toujours vécu".

En atelier, les détenus construiront des ruches et des hôtels

Stephan Galetic: "Nous allons, par exemple, proposer le miel produit ici dans les ruches à la vente ici en salle de visite. Cela va leur faire une petite source de revenu pour améliorer leur qualité de vie. Nous sommes en train de mettre sur pied une filière de fabrication de ruches wallonnes, cela n’existe plus et c’est à leur initiative qu’on le fait. Nous allons également fabriquer des hôtels à insectes. Les détenus ont les yeux qui pétillent en travaillant autour des ruches. C’est la magie des abeilles. Il faut savoir que dans toute l’histoire de l’humanité les abeilles ont toujours été associées à la pensée et à l’élévation de l’âme. Je pense que les abeilles ont ce pouvoir de créer de l’émerveillement pour le vivant, pour la nature et pour cette organisation extraordinaire qu’elles ont. Elles nous rappellent que nous faisons tous partie d’un environnement où chaque petit être est important . Il s’agit de la force et de la magie de la ruche. Et particulièrement en prison où l’on voit ces abeilles qui s’envolent, qui vont butiner les fleurs. C’est important pour les détenus qui participent vraiment ce qui leur permet de sortir un peu d’un univers carcéral qui est extrêmement dur".

Erik Dagonnier

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