Un jeune alsacien entreprenant à la Paix Dieu

Parmi les représentants de cette superbe région certains d'entre vous reconnaîtront surement la bouille sympathique de Thierry Grandgeorge.
Rappelez-vous: fin des années 90, au siècle dernier, l'Alsace était invité d'honneur du Salon Vert à Coronmeuse (rebaptisé depuis le Salon Vert Bleu Soleil). Et c'était Gérard Goets, le patron de l'Auberge "Chez Julien" à Fouday qui y avait planté un restaurant typique dans un décor de village alsacien. C'était encore l'époque où le salon durait plus d'une semaine et ouvrait plus tard dans la soirée. Que de bons moments passés à déguster sandre ou coquelet au riesling, choucroute royale, foie gras poëlé, tartes flambées et autre Baeckeoffe... arrosés de vin alsaciens, ça c'est bien... Gérard Goets n'avait pas seulement amené avec lui son savoir-faire et les produits régionaux de la Vallée de la Bruche, il s'était aussi entouré d'une équipe dynamique et passionnée qui, en costume alsacien, virevoltait avec professionnalisme et gentillesse entre les tables.

Le retour de Thierry Grandgeorge

Thierry Grandgeorge faisait partie de cette équipe. En plus de ses compétences professionnelles il nous révéla très vite ses talents de boute-en-train des boute-en-train. Rien que son rire suffisait à rameuter tous les épicuriens que ce soit au salon où dans la vie nocturne liégeoise. Voilà un p'tit gars qui, à peine âgé de 20 ans, fraîchement sorti de l'école hôtelière de Strasbourg tout en ayant pratiqué la salle et la cuisine en stage depuis plus de 7 ans, semblait promis à un brillant avenir dans ce métier exigeant...Mais serait-il assez sérieux pour y arriver?

Le salon se termine, l'Alsace s'en retourne en Alsace, la distance éloigne, les rencontres s'estompent,... Bref, plus de nouvelles de l'ami Thierry... jusqu'à ces derniers jours où je le retrouve au téléphone m'annonçant son passage au Marché des Goumets de la Paix-Dieu. L'occasion de savoir ce qu'il est devenu, le jeune chien fou d'Alsace. Surprenant et édifiant.

Le Velleda

Après le Salon Vert il a encore travaillé 2 ans pour Gérard Goets (il ne pouvait rêver meilleur professeur), s'est marié et, à 23 ans, a décidé de monter sa propre affaire. Il rachète un vieil hôtel-restaurant de plus de 100 ans au Col du Donon "Le Velleda", et se lance dans sa restauration. Les chambres étant impraticables il met l'hôtel en suspens, refait de A à ae les cuisines, le bar et la grande salle à manger. Il ouvre tous les jours, midi et soir, avec sa jeune épouse et une équipe réduite, développe sa clientèle. Et, trois ans après la réouverture il peut lancer les travaux de restauration de l'hôtel. 9 belles chambres à l'alsacienne, 2 enfants et quelques années plus tard, il fait construire actuellement un Centre de bien-être avec 13 chambres et un spa, ainsi qu'une salle de séminaire. Il atteint son objectif:  faire de ce vieux bâtiment un havre de paix, de bien-être et de gastronomie.
Beau parcours, N'est-ce pas? Mais rien ne vous étonne?
Où a-t-il trouvé l'argent?

C'est à cela que je voulais en venir. Thierry Grandgeorge n'avait pas de fortune personnelle quand il s'est lancé dans l'aventure. Ce sont les banques qui lui ont prêté l'argent, alors qu'il avait à peine 23 ans... et qui continuent à lui prêter de l'argent pour le développement de son affaire. Tout étonné je lui demande pourquoi. Et il me répond: les banques croient en toi!
En est-il de même chez nous?

Donne-t-on suffisamment sa chance à un jeune entrepreneur entreprenant?

Les Alsaciens sont-ils plus courageux que les Wallons?

Nos banques sont-elles plus frileuses?

Aidées comme elles le sont par l'Etat, leur boulot ne serait-il pas de favoriser la création d'entreprise et d'emploi?...

Vous pourrez poser directement la question à Thierry, puisqu'il sera samedi et dimanche au Marché des Gourmets à la Paix-Dieu à Amay... Vous le reconnaîtrez à son rire.

Philippe Jacquemin

 

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