Militaires poignardés à Bruxelles: ce que l'on sait

  • Les faits 

Un Belge d'origine Somalienne né en 1987 a agressé des soldats au couteau vendredi soir dans le centre de Bruxelles. L’assaillant s’est précipité dans le dos des militaires et les a frappés avec un couteau, en criant "Allahu Akbar". S’en est suivi une altercation au cours de laquelle un des militaires a ouvert le feu. L'assaillant a été touché à deux reprises et est décédé peu après, à l’hôpital, des suites de ses blessures.

Deux militaires ont été légèrement blessés à la main et au visage. Ils ont été transportés à l’hôpital afin d'être soignés.

  • L'auteur

L'auteur est né en 1987 et est de nationalité belge, d’origine somalienne. Il est arrivé en Belgique en 2004 et a obtenu la nationalité belge en 2015. Il résidait à Bruges. Il n’était pas connu pour des faits de terrorisme, mais bien pour un fait de coups et blessures en février 2017, a communiqué le parquet fédéral. L’homme était aussi en possession d’une arme à feu factice et de deux livres du Coran au moment de l'attaque.

Contacté par notre journaliste Sébastien Georis, le bourgmestre de Bruges, Renaat Landuyt, précise que l'homme "n'était pas spécialement connu, excepté qu'il a eu des problèmes psychologiques. Mais pas dans le sens qu'il était dangereux, il n'était pas connu comme un extrémiste." Ne donnant pas plus de précisions sur la nature de ces problèmes psychologiques, le bourgmestre assure que l'enquête judiciaire suit son cours. Selon le voisinage, le trentenaire se comportait normalement. Il n'avait plus été vu dans son quartier depuis quatre mois.

  • L'enquête

L'enquête pour l'agression au couteau a été confiée aux mains du parquet fédéral fédéral, qui a saisi un juge d’instruction de Bruxelles spécialisé en matière de terrorisme et l’a chargé d’instruire des faits de tentative d’assassinat terroriste. Une perquisition a été effectuée à son domicile à Bruges dans le courant de la nuit, mais le parquet fédéral ne souhaite pas donner plus d'éléments dans l'intérête de l'enquête.

L'enquête sur l''"incident de tir" par lequel un des militaires a riposté, et qui a entraîné le décès de l'assaillant somalien, reste quant à elle au parquet de Bruxelles. Celui-ci a immédiatement parlé de légitime défense, estimant que le militaire "a tiré conformément aux règles d'engagement et dans un contexte de légitime défense". Une autopsie de l'auteur des faits sera exécutée dans les prochaines heures, selon le parquet de Bruxelles

  • Les réactions

Selon le ministre de l'Intérieur Jan Jambon aussi , les militaires ont agi en état de légitime défense. "Les militaires ont fait ce qu'ils avaient à faire. C'est la tâche des soldats et de la police de protéger les citoyens et les institutions. Ils ont parfaitement agi." Le ministre n'a pas pu préciser combien de temps les militaires allaient encore patrouiller en rue, mais a souligné être reconnaissant du travail effectué par ceux-ci tant que le niveau de la menace reste à 3 sur le territoire.

Le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close a insisté sur le fait que l'acte a été commis par un individu isolé. Il a par ailleurs souligné la bonne collaboration entre la police, les militaires et le parquet. La vie se poursuit normalement à Bruxelles, où aucun événement n'est annulé, a-t-il ajouté.

"Tout notre soutien à nos militaires. Nos services de sécurité restent attentifs", a twitté vendredi soir le Premier ministre Charles Michel. "Nous suivons la situation de près avec le centre de crise", a ajouté le chef du gouvernement belge.

  • La polémique

Dans le Soir, un syndicaliste évoque le problème de la présence des militaires en rue, équipés d'armes de guerre et entraînés pour faire face à des ennemis qui le sont aussi armés, et de la "réponse proportionnée" à donner face à des individus armés d'un couteau. Même si la légitime défense paraît ici évidente, il interroge: "que dira-t-on le jour où une balle perdue touche un citoyen"?

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