Un incubateur nivellois propose à Infrabel des drones autonomes pour lutter contre le vol de câbles de cuivre

Un incubateur nivellois propose à Infrabel des drones autonomes pour lutter contre le vol de câbles de cuivre. Un des enjeux, si le projet est accepté et retenu lors d'un possible appel d'offres, sera de garder une longueur d'avance sur les méthodes de brouillage du signal GPS que risquent d'utiliser les voleurs.
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Un incubateur nivellois propose à Infrabel des drones autonomes pour lutter contre le vol de câbles de cuivre. Un des enjeux, si le projet est accepté et retenu lors d'un possible appel d'offres, sera de garder une longueur d'avance sur les méthodes de brouillage du signal GPS que risquent d'utiliser les voleurs. - © Rtbf

Infrabel va-t-il bientôt faire appel aux drones pour lutter contre le vol de câbles de cuivre ? Le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire l’envisage en tout cas sérieusement. Des discussions ont déjà eu lieu avec des sociétés ou des incubateurs spécialisés dans les engins volants sans pilote.

Après plusieurs centaines de vols de câbles ces dernières années (315 vols ayant provoqué des perturbations du réseau, rien qu’en 2018 !), Infrabel espère obtenir les autorisations nécessaires pour l’utilisation de drones sur certains sites du chemin de fer.

Un premier test a été effectué l’an dernier avec un drone à ailes fixes, un engin permettant de parcourir de grandes distances. Mais de nouveaux tests sont prévus en octobre, avec un opérateur bruxellois qui utilisera des drones de type Multicopter, autorisant le vol stationnaire.

Parallèlement, un incubateur nivellois propose un système autonome innovant. Objectif : faire décoller les drones automatiquement, de manière autonome, à la moindre alerte.

Un centre de référence

C’est dans un grand hall de l’asbl "Cap Innove" que les spécialistes du projet nivellois testent leurs drones équipés de caméras dernier cri. Objectif, à terme : développer des drones autonomes pour détecter les voleurs de câbles. "Après avoir détecté un signe d’anomalie, comme une tentative de vol de câble, le système permettra de faire décoller un ou plusieurs engins de manière autonome", explique Philippe Pierret, responsable du volet technique et des zones de vol, au sein du projet nivellois. "Le drone localisera le problème et l’observera d’en haut. Mais il faudra toujours maintenir la possibilité d’une intervention humaine pour reprendre le contrôle des machines pilotées par l’intelligence artificielle".
Par ailleurs, "le drone ne sera qu’un outil parmi d’autres pour lutter contre les voleurs. C’est une des solutions prônées, mais pas la seule solution pour lutter contre ce type de vol. D’autant que le réseau câblé d’Infrabel totalise 6000 km, c’est énorme !", souligne Patrick Mascart, responsable du Centre d’expertise nivellois sur les systèmes autonomes et les drones.

Dérogations nécessaires

Le projet intéresse Infrabel. Mais pour qu’il puisse décoller, et quel que soit l’opérateur sélectionné, il faudra d’abord obtenir les dérogations nécessaires pour pouvoir survoler le réseau ferré. "La technologie est là ; elle est au point. Mais la législation est stricte en matière d’utilisation de drones", explique Frédéric Sacré, porte-parole d’Infrabel. "La Loi prévoit notamment que le pilote doit avoir en permanence son drone en vue. Or, ici, si on déploie des drones pour surveiller le réseau, il faut évidemment pouvoir leur permettre d’aller à 10, 15 ou 20 km ; il faudra donc trouver une solution juridique". Six groupes de travail sont prévus dans ce but au sein du Belgian Civil Drone Council. Ces groupes réunissent tous les acteurs concernés, dont la DGTA (administration de l’aéronautique), le SPF-Mobilité, Infrabel et des industriels. Le respect de la vie privée (photos, vidéos, passage à proximité d’une habitation), la sécurité en vol (trafic aérien) et les nuisances éventuelles (léger bruit) sont également prises en considération.

Un marché porteur

Le secteur des drones est en plein développement. Les applications sont nombreuses. Notamment en matière de surveillance et de sécurité. Pour les porteurs de projets, les marchés peuvent être importants.

En ce qui concerne le projet relatif à Infrabel, s’il se concrétise, d’autres défis devront être relevés. Il faudra intégrer le drone dans un dispositif pouvant offrir d’autres méthodes antivol. Il faudra collaborer efficacement avec les forces de l’ordre, veiller au suivi judiciaire après les interpellations, mais aussi, toujours garder une longueur d’avance technologique sur les voleurs qui pourraient, par exemple, tenter de brouiller le signal GPS permettant de diriger les drones. Comme en informatique, où créateurs d’antivirus et pirates informatiques se livrent à un bras de fer perpétuel, les ingénieurs devront se montrer imaginatifs, dans le cadre budgétaire autorisé.

Précisons enfin que le projet nivellois est mené par plusieurs partenaires, dont des universités (ULB, UCL,…), l’InBW, la province du Brabant wallon et le Pôle Aérospatial wallon Skywin, notamment.

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