Un funérarium namurois demande l'autorisation d'embaumer les corps

Jean-Paul Mahieux, manager d'un funérarium à Namur : "l'embaumement permet de présenter le corps dans les meilleures conditions à la famille."
Jean-Paul Mahieux, manager d'un funérarium à Namur : "l'embaumement permet de présenter le corps dans les meilleures conditions à la famille." - © François Louis

En principe, l'embaumement des corps est interdit en Belgique, sauf quelques rares exceptions, notamment quand le défunt doit être rapatrié dans un pays étranger ou en cas de catastrophe avec de nombreux morts.

Mais dans les faits, une pratique assez comparable - la thanatopraxie (du grec thanatos, qui veut dire mort) - se développe dans nos funérariums. Elle consiste à injecter dans le corps du défunt un produit qui ralentit le processus de dégradation biologique. "Il s'agit de remplacer le sang par un liquide (ndlr le formaldéhyde, un dérivé du formol) qui conserve les tissus et empêche les bactéries d'agir, explique Jean-Paul Mahieux, manager du centre funéraire Laloux-Chaudoir. C'est un peu comme une dialyse : on pompe le sang d'un côté, et on injecte le liquide de conservation de l'autre. Le procédé dure quelques dizaines de minutes. Cela permet de présenter le corps à la famille dans les meilleures conditions. En été, ou par temps d'orage, un corps qui n'a pas été traité peut se transformer assez rapidement, se gonfler de gaz, changer de couleur. Cela peut-être choquant pour la famille".

Laisser le cercueil ouvert

Un certain nombre de funérariums proposent systématiquement ce type de soins à la famille du défunt. Cela engendre évidemment un coût de 300 ou 400 euros supplémentaires sur le budget des funérailles. "Mais cela permet aussi de laisser le cercueil ouvert en toute tranquillité jusqu'au jour des funérailles", ajoute Jean-Paul Mahieux.

Cette pratique funéraire génère des déchets de type hospitalier et suppose donc un permis d'environnement. "Notre salle est équipée comme une salle d'autopsie, explique Jean-Paul Mahieux. La table est percée de trous pour récupérer les fluides corporels qui s'échappent. Les déchets biologiques sont ensuite confiés aux soins d'une firme spécialisée." Au-dessus de la table, une hotte aspire les odeurs.

Pour le funérarium namurois, qui pratiquait encore il y a peu des autopsies pour le parquet de Namur, le renouvellement de son permis d'embaumer s'apparente à une formalité. Mais rares sont les funérariums qui possèdent un tel permis.

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