Un enfant rwandais gravement malade menacé d'expulsion de la Belgique

L’école communale J.J. Michel, situé à Saint-Gilles, où l'on se mobilise afin d'empêcher le départ  du petit Joel.
L’école communale J.J. Michel, situé à Saint-Gilles, où l'on se mobilise afin d'empêcher le départ du petit Joel. - © Google Maps

Un maman rwandaise et son petit garçon de 5 ans, arrivés en Belgique en 2009, grâce à un visa médical, sont aujourd'hui en face d'un ordre de quitter le territoire. Mais pour les médecins qui soignent le petit Joel à l'Hôpital des enfants, l'enfant risque une mort précoce par insuffisance respiratoire s'il retourne dans son pays où les moyens pour le soigner manquent.

Le Petit Joël et sa maman sont arrivés avec un visa médical et une autorisation de séjour à durée déterminée. Joel est atteint de dysplasie osseuse. Une maladie qui empêche ses os de grandir et donc ses poumons de se développer. Son pronostic vital serait engagé s'il retournait au Rwanda. Véronique Billen, directrice de l'école communale J.J. Michel à St Gilles, a découvert tout récemment la situation de l'un de ses écoliers : "La semaine passée, quand l'enseignante est revenue d'une visite à l'hôpital des enfants avec sa classe, elle m'a informée que Joel et sa maman avaient reçu un avis d'expulsion".

Très vite la mobilisation s'est faite au sein des parents. Le retour vers le Rwanda ils n'en veulent pas. "On n'accepte pas cela pour Joel, nous dit Marie Hélène Ba. Nous nous concertons ensemble, les parents et l'école, afin de se battre." Grâce à cette mobilisation la maman reprend tout doucement espoir, "elle est contente de voir que les choses bougent enfin pour elle, elle ne se sent plus seule." nous l'explique Laura Bloin, l'institutrice de l'enfant.

"Une fois de plus, l'Office des Etrangers (OE) fait la preuve de sa mauvaise volonté"

La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a dénoncé mardi elle aussi le cas de Joël. Selon elle, de multiples dysfonctionnements minent la procédure de demande d'autorisation de séjour pour raison médicale, entrainant un taux de reconnaissance extrêmement bas. "Les médecins qui le suivent affirment que Joël doit rester sous leur supervision en Belgique et les médecins de Kigali ont confirmé au cours de la procédure de demande de séjour que les infrastructures nécessaires au bon suivi de l'enfant n'existent pas au Rwanda. En 2012, le Conseil du Contentieux des Etrangers et la Cour de Cassation elle-même ont annulé les premières mesures de refus et d'expulsion de Joël et de sa mère", a indiqué la LDH.

"Une fois de plus, l'Office des Etrangers (OE) fait la preuve de sa mauvaise volonté à procéder à un examen attentif des demandes d'autorisation de séjour pour raison médicale. Leur taux de reconnaissance est d'1,64% selon le rapport d'activités 2013 de l'OE alors qu'il était encore proche des 10% il y a quelques années", a-t-elle ajouté.

Au sein des autorités communales, le collège des échevins examinera jeudi la possibilité d'introduire, auprès de l'Office des Etrangers, une demande pour qu'il puisse postposer son ordre de quitter le territoire.

RTBF

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