Un élève sur 10 en décrochage scolaire à Bruxelles, un phénomène en augmentation

Un élève sur 10 en décrochage scolaire à Bruxelles, le gouvernement renforce son action
Un élève sur 10 en décrochage scolaire à Bruxelles, le gouvernement renforce son action - © Tous droits réservés

Le décrochage scolaire progresse en Région bruxelloise si l'on en croit les chiffres - provisoires - pour l'année 2018-2019 qui viennent de tomber. Le taux d'absentéisme est de 9,4 % contre 8,8 sur l'année 2017-2018. Les données de l'administration de l'enseignement se basent en fait sur les signalements pour absentéisme envoyés à l'administration. Ils sont faits une fois que le jeune atteint 9 demi-jours d’absence injustifiés. Une étude commandée l'année dernière par le gouvernement bruxellois et menée par la KUL révélait aussi que 45% des élèves en Région bruxelloise présentent un risque de décrochage scolaire. 

Un phénomène qui touche aussi le fondamental 

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le phénomène touche aussi le fondamental, de manière quasiment équivalente. Séverine Balon, en charge du chantier qui porte sur le décrochage scolaire pour le pacte d'excellence, détaille: "On est autour de 47 % pour le fondamental et 53 % pour le secondaire. Et les deux niveaux sont en augmentation".

Des causes différentes 

Il est difficile d'établir un diagnostic et de déterminer précisément quel est le facteur qui pourrait expliquer cette augmentation. On dit souvent du décrochage scolaire qu'il s'explique par une combinaison d'éléments."On pourrait identifier que ce ne sont pas les mêmes causes pour le fondamental que pour le secondaire. Dans le secondaire, on peut imaginer des choses comme la démotivation des élèves, la désaffiliation par rapport à l'école, le fait d'être dans une mauvaise orientation et de perdre du coup de l'intérêt pour ce que l'on fait. Pour les plus petits, c'est peut-être plus difficile à imaginer, bien que les retours du terrain rapportent que des élèves du fondamental disent ne plus vouloir aller à l'école et donc on va surtout compter sur les parents et veiller à avoir un lien travaillé avec eux", explique Séverine Balon.  

Priorité du gouvernement bruxellois 

Le pacte d'excellence travaille à faire reculer ce phénomène. Il prévoit de diminuer de 50% le décrochage scolaire d'ici 2030. Parallèlement aux actions de la Communauté française, le gouvernement bruxellois lui aussi veut en faire une priorité. Parce que le décrochage scolaire est un phénomène multifactoriel. Et parmi les facteurs de risques, il y a au-delà de l'élève et de l'école, la question des pairs ou des fréquentations mais aussi la situation socio-économique d'un quartier. 

Alors, la Région a lancé l'année dernière un plan régional de lutte contre le décrochage scolaire. Le gouvernement a injecté de l'argent et en cette fin d'année, il regroupe les différents moyens au sein d'une administration, perspectives. Son Service Ecole est désormais en charge de la coordination des politiques régionales de lutte contre le décrochage scolaire. "En région bruxelloise, il y a près de 580 projets et 100 agents de prévention sur le terrain qui agissent tous les jours", explique Julie Lumen du Service Ecole. "L'idée, c'est de regrouper le tout au sein de perspectives, pour que chaque acteur se connaisse. Cela permettra de mieux définir les missions, s'assurer que l'on couvre l'ensemble du phénomène et éviter les redondances". 

En tout, en 2020, près de 8 millions d'euros seront donc octroyés à la lutte contre le décrochage scolaire. Il ne s'agit pas d'une nouvelle enveloppe, mais donc de fonds "regroupés". L'une des priorités sera de renforcer encore la prévention contre le décrochage scolaire, comme le fait l'association FEFA depuis 15 ans.

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