Un détenu agressé à la fourchette et un agent frappé violemment: la prison d'Ittre en émoi

Une cinquantaine d'agents rassemblés ce mercredi devant la prison en guise de protestation.
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Une cinquantaine d'agents rassemblés ce mercredi devant la prison en guise de protestation. - © RTBF - Monika Wachter

Ce mercredi, une cinquantaine de travailleurs de la prison d'Ittre se sont rassemblés devant les portes de l'établissement suite à un incident. Un détendu a agressé un autre prisonnier et un agent pénitentiaire. L'homme était connu pour être violent, mais les faits n'ont pas eu lieu dans l'aile de haute sécurité.

Selon un délégué syndical qui a pu accéder aux images de vidéosurveillance, tout commence par une altercation entre deux prisonniers. On les voit d'abord se serrer la main. Puis, alors que l'un se retourne, l'autre lui plante quatre ou cinq coups de fourchette en plein dos. L'ustensile est plié en deux. Un troisième homme parvient à ceinturer l'agresseur. Une équipe d'agents arrive sur les lieux. Ils n'ont pas le temps d'analyser toute la situation qu'un agent reçoit un coup de poing dans la figure de la part du même détenu qui s'est dégagé. Sous le choc, l'agent tombe et perd connaissance.

"Tout le monde est sorti"

La suite, c'est l'hospitalisation de cet agent pénitentiaire à Nivelles et une réaction tout en émotion de la part de ses collègues. Vers 10h, ils sont une cinquantaine de personnes (agents non nécessaires à la sécurité et membres du personnel administratif, médical et social) à se rassembler à l'extérieur, devant les portes de la prison. "Tout le monde est sorti. C'était l'émotion face à une telle violence. On ne se rend pas toujours compte dans le grand public de ce qu'est le travail pénitentiaire", explique un agent.

Ce mouvement n'a pas empêché pas la distribution des repas et des médicaments ce mercredi. L'après-midi, le personnel a continué le mouvement de protestation, mais à l'intérieur.

Ras-le-bol face au manque de moyens

Entretemps, l'agent blessé est sorti de l'hôpital. Il souffrirait d'une commotion cérébrale. L'auteur des faits, lui, devait être transféré vers une annexe psychiatrique. "Combien de prisonniers ne sont pas à leur place en prison ?" s'interroge cet agent qui répète le ras-le-bol du secteur face au manque de moyens alloués à la justice en général et aux prisons en particulier.

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