Un commissaire de police en immersion à la centrale nucléaire de Tihange

Pas de renfort de la police fédérale ou de l'armée à la centrale nucléaire de Tihange. La Ville de Huy ne les a pas obtenus du Fédéral.

Sur le plan de la sécurité à la centrale, il faut distinguer ordre public et sécurité des installations. La police locale est responsable du périmètre extérieur, mais peut évidemment aussi intervenir en cas de faits délictueux ou criminels dans la centrale. A l'intérieur, la sécurité des installations est assurée au quotidien par une société de gardiennage, G4S, anciennement Group 4 Securitas. Un accord de coopération existe, mais pour aller plus loin, la Ville a souhaité que le commissaire Jean-Marie Dradin, le numéro deux de la police locale, puisse s'immerger dans la centrale deux jours par semaine durant 3 mois.

Il a entamé cette immersion début octobre. Alexis Housiaux, le bourgmestre de Huy : "Avec la centrale, nous avons deux conventions spécifiques: une convention pompiers et une convention pour tout ce qui est sécurité. On se rencontre tous les quatre, cinq mois pour améliorer les niveaux de sécurité en permanence. Mais pour encore améliorer cette sécurité, nous avions décidé il y a déjà plusieurs mois que le numéro deux du corps de police de Huy se rende à l'intérieur de la centrale pour voir comment on vit à l'intérieur de la centrale. En France, il y a carrément un peloton de gendarmerie à l'intérieur des centrales nucléaires. Là, on s'est dit tiens ce serait intéressant d'en savoir plus et monsieur Dradin vient de se rendre en France lors d'un exercice. Les niveaux belges et français sont globalement les mêmes, mais bien sûr on peut aussi tirer de l'expérience française des enseignements."        

Le commissaire Jean-Marie Dradin détaille l'objectif et les premiers enseignements de son immersion: "L'objectif était d'obtenir une meilleure connaissance du fonctionnement de la sécurité sur le site. Dans un deuxième temps, d'harmoniser les procédures aussi bien du service de sécurité interne que des forces de police locale et fédérale qui peuvent être amenées à y intervenir. Plusieurs améliorations ont été trouvées en terme d'intervention de Group 4 au sein de la centrale. L'objectif final sera la rédaction d'une procédure écrite au sein de la police qui décrira de façon précise l'intervention policière qui est souhaitée sur place. D'une manière générale, le citoyen n'a pas matière à s'inquiéter. Bien évidemment tout est perfectible et les responsables de la sécurité de la centrale sont manifestement animés d'un souhait permanent d'améliorer la sécurité du site."

Une des pistes de réflexion envisagée sur base de l'expérience du commissaire Dradin porte sur l'éventuelle création d'un service spécialisé au sein de la police locale de Huy. Alexis Housiaux: "On s'est dit, il y a une convention financière entre la centrale et le service des pompiers qui permet à des pompiers de se spécialiser sur la centrale nucléaire, est-ce qu'on ne pourrait pas faire la même chose au niveau de notre police ?" Quels pourraient être les avantages ? "Bien évidemment une meilleure connaissance des installations", répond le commissaire Jean-Marie Dradin, "une réaction d'intervention plus rapide, etc." "On ne dépendait plus du Fédéral.", ajoute le bourgmestre de Huy, "En cas de crise, on pourrait mobiliser ces policiers là pour être sur le site de la centrale." Et le commissaire Dradin précise: "Quelle que soit la nature de l'intervention, la zone de police de Huy gardera toujours la nécessité d'une intervention de la police fédérale en appui, mais l'idée est véritablement d'apporter une première réponse encore plus efficace." 

         

 

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