Un bidonville en plein cœur de Bruxelles

Depuis environ un mois, une quarantaine de Roms originaires de Roumanie se sont installés sur un terrain vague à Laeken en bordure du chemin de fer. Ils vivent dans des baraquements construits avec des matériaux de récupération dans des conditions très précaires. Nous sommes allés à leur rencontre

"Ce n’est pas le grand confort mais on fait ce qu’on peut"

Il faut passer un grillage troué, traverser une friche industrielle avant d'arriver dans ce bidonville installé le long de la voie ferrée. Les cheminées fument, les enfants jouent au milieu d'une quinzaine de baraquements... George nous fait visiter l'un d'entre eux. A l'intérieur, il fait une chaleur étouffante. " Ici on chauffe avec des petits fours que l’on construit nous-mêmes. On a aussi l’électricité grâce à ce générateur qu’on a acheté. C’est sûr que ce n’est pas le grand confort mais on fait ce qu’on peut ".

Cette grande famille élargie est arrivée ici après avoir été délogée d'un squat à Evere. En à peine quelques jours, ils ont recréé une sorte de mini village d'une autre époque. " Tout ce que vous voyez ici, on l’a construit nous-mêmes avec l’aide des voisins. Ils nous ont donné du matériel de construction. On a même reçu des meubles ". Une grande commode années cinquante trône ainsi étrangement devant l’entrée d’une des cabanes.

"On se sent bien en Belgique, on est heureux"

Cette grande famille a quitté sans regret la Roumanie où les Roms sont victimes d'importantes discriminations. " On est mille fois mieux ici. On se sent bien en Belgique, on est heureux. Ici, les enfants sont libres, on est libre ".

Ils vivent de la mendicité, de petits boulots à gauche et à droite et bénéficient aussi du soutien de certaines personnes du quartier qui leur apportent de la nourriture.

Georges, ses frères, leurs femmes et leurs enfants savent qu'ils ne pourront rester longtemps ici. Le propriétaire du terrain, un consortium immobilier privé, a saisi la justice pour réclamer leur expulsion.  La police les en a avertis dernièrement.

Cette famille est donc sans doute condamnée à devoir se déplacer encore dans les jours ou les semaines à venir. Et le problème se posera à nouveau dans une autre commune. La seule proposition qu'elle ait reçue, c'est un hébergement nocturne au Samu Social. Proposition qu’elle a déclinée.

"Les communes ne font que se renvoyer la patate chaude"

L'Asbl Le Foyer qui vient en aide aux Roms à Bruxelles convient qu’on ne peut pas tolérer un tel bidonville. Mais elle dénonce le manque d'accompagnement de ces familles sans revenu  et sans domicile fixe. Pour l’association, il est grand temps que la Région se saisisse du dossier. " C’est à ce niveau de pouvoir qu’il faut trouver une solution à long terme " explique Gabriel Mihai, l'un des médiateurs de l’asbl. " Car pour l’instant, les communes ne font que se renvoyer la patate chaude. Les familles sont délogées et puis elles vont s’installer ailleurs. C’est sans fin".

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