Un avion cargo pour faire 38 km entre Maastricht et Liège: pas un cas isolé. Mais que dit la Loi?

À Liège, le mouvement Demain pointait ce mercredi un vol de fret entre Maastricht et Liège, orchestré par la compagnie Qatar Airways. Avec 38 kilomètres parcourus en 9 minutes à peine, s’agit-il réellement du "vol le plus anti-écologique du monde" ? Ces trajets de courte durée sont-ils encadrés par la loi ?

Pourquoi cibler les vols de courte durée ?

Le décollage et l’atterrissage sont les étapes les plus énergivores (et polluantes) d’un vol en avion. Pour un vol de plus de 800 kilomètres, elles sont responsables de 25% des émissions totales. Ce qui explique l’intérêt d’empêcher des vols de courte distance au profit d'autres moyens de transport.

Que dit la loi ?

À l’heure actuelle, la loi ne dit rien. Si des mesures devaient être prises, cela devrait se faire au niveau fédéral. De plus, compte tenu de la proximité de notre pays avec d’autres aéroports étrangers, c’est au niveau européen qu’il conviendrait d’agir. Le vol de Qatar Airways entre Maastricht et Liège ne constitue en effet qu'un exemple parmi d’autres tout autour du globe.

Le vol le plus court ?

Les vols cargo n’étant pas aussi réguliers que les vols commerciaux, impossible de déterminer quelle ligne détiendrait le prix du "vol le plus polluant du monde".

Si le vol controversé entre Maastricht et Liège n’a eu lieu "que" quatre fois en trois mois, la Société Wallonne des Aéroports (SOWAER) nous affirme qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé. Appelés "vols de positionnement", ils se feraient à vide la plupart du temps, "donc avec une consommation plus réduite", s’empresse-t-on de nous expliquer.

Toutefois, bien qu’il soit à remettre en perspective, l’impact environnemental de ces vols ne disparaît naturellement pas avec le chargement de la soute. Surtout s'il s'agit de ne rien transporter.

Et au niveau commercial ?

Du côté des vols de passagers, les traversées de courtes distances ne sont pas rares non plus : Soyo-Cabinda (Angola, 20 minutes), Luxembourg-Sarrebruck (Allemagne, 30 minutes), Paris-Bruxelles (55 minutes) ou Bruxelles-Amsterdam (55 minutes)… les exemples ne manquent pas, mais se situent généralement bien au-dessus de ce vol cargo de 9 minutes entre Maastricht et Liège.


►►► À lire aussi : Pourquoi les compagnies aériennes proposent-elles des vols de moins d’une heure ?


Des réflexions sont-elles en cours ?

En juin dernier, les députés français présentaient un texte visant à supprimer 72 vols domestiques au profit de trajets en train. Leur volonté est d’interdire d’ici 2021 tous les vols intérieurs pour lesquels il existe une liaison ferroviaire de moins de cinq heures, tels que la ligne Paris-Marseille par exemple.

Chez nous, le ministre wallon des transports André Antoine avait interdit en 2008 un vol de la compagnie Jet4You entre les aéroports de Liège et Charleroi. La décision ne concernait que ce vol.

Un projet d’arrêté royal visant l’interdiction des "sauts de puce" avait bel et bien été initié par Renaat Landuyt (sp.a) en 2006, alors ministre de la Mobilité sous le gouvernement Verhofstadt II, mais il n’a jamais abouti. Aujourd'hui, il est plutôt question d’une taxation du kérosène plutôt que d’une interdiction des vols de courte distance.

Journal télévisé 13H

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