Un audit identifie les points forts et les difficultés du parquet de Namur

Le procureur du Roi de Namur, Vincent Macq.
Le procureur du Roi de Namur, Vincent Macq. - © Belga

La Commission d'avis et d'enquête du Conseil supérieur de la Justice (CSJ) a dévoilé mercredi un audit sur le parquet de Namur. Sollicité par le procureur du Roi de Namur dans le but d'évaluer la réorganisation du parquet, ce document met en avant des points forts mais aussi des difficultés persistantes comme l'absentéisme, la mauvaise acceptation de nouveaux outils informatiques et la dégradation des conditions matérielles de travail.

Début 2018, toute la chaîne pénale a été transférée à Namur tandis que la division de Dinant s'est spécialisée en matière de roulage. En outre, parmi de nombreux autres changements, le palais de justice de Namur a été fermé pour raisons de sécurité pendant tout le mois de décembre 2018.

L'audit de 52 pages est le résultat de plusieurs semaines de travail sur le terrain, d'analyses et de plus d'une cinquantaine d'interviews.

Il met en avant des points forts (une volonté et une culture du changement au sein du comité de direction, l'implication des magistrats et du personnel administratif,...), des points d'amélioration (les échanges d'information entre le parquet et ses différents partenaires, la formalisation de la politique criminelle au sein de l'arrondissement,...), des opportunités (la construction du futur palais de justice, la standardisation des processus de travail au sein du parquet de Namur,...) et aussi des difficultés (la mauvaise acceptation de nouveaux outils informatiques perçus comme obsolètes, l'absentéisme en général et la précarité des contrats de type cash-flow, la dégradation des conditions matérielles de travail,...).

Le document contient également 34 recommandations, parmi lesquelles celles d'améliorer tant la fréquence que la qualité du dialogue interpersonnel au sein du parquet, d'élaborer un plan de formation des magistrats et du personnel administratif, de réaliser un cadastre des compétences professionnelles du personnel ou d'établir une politique d'évaluation des magistrats.

Le CSJ souligne la volonté du procureur du Roi de faire bouger les lignes et l'implication des magistrats et du personnel. Il pointe cependant une approche intuitive et empirique ainsi que le manque de données ex-ante et ex-post permettant d'apprécier objectivement si les objectifs de la réorganisation ont été réellement atteints.

"Certains services, qui ont par le passé accumulé un arriéré important, sont désormais plus performants que jamais. D'autres doivent encore être améliorés, voire renforcés. Il paraît évident à la lecture de l'audit que nous n'avons pas toujours été très orthodoxes dans notre gestion du changement", analyse le procureur du Roi de Namur Vincent Macq, dont la réaction est publiée avec l'audit. "Nous avons suivi quelques formations et lu quelques ouvrages mais nous ne serons jamais des spécialistes de la gestion du changement. Alors que les attentes en termes de 'management' sont énormes à l'égard des chefs de corps et de leurs comités de direction, ces derniers sont avant tout des magistrats. Les formations qu'ils suivent leur permettent d'acquérir quelques compétences mais celles-ci sont insuffisantes pour faire face à certains gros chantiers", relève encore M. Macq.

Qui conclut : "Il nous paraît essentiel de permettre aux comités de direction de disposer de ressources qui leur permettront de relever les défis: des spécialistes HRM, des spécialistes en gestion de projet, des spécialistes en gestion financière, etc. Cette mise à disposition d'appui spécialisé est une des missions des services d'appuis des collèges qui doivent cependant recevoir les moyens nécessaires à cette fin."

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