Un an après leur action de soutien à Charlie Hebdo, les élèves se souviennent

Certains professeurs ouvrent le dialogue à l'Athénée Royal Vauban
Certains professeurs ouvrent le dialogue à l'Athénée Royal Vauban - © Maxime Paquay

Il y a un an, des milliers d'élèves belges décidaient de s'habiller en noir en soutien aux victimes de Charlie Hebdo. Une mobilisation qui faisait suite à un appel lancé sur les réseaux sociaux. À l'Athénée Royal Vauban de Charleroi, le mouvement était bien suivi le 9 janvier 2015 dans les couloirs de l'école.

Après Charlie, les attentats de Paris

Un an plus tard, les élèves ont traversé d'autres événements comme les attentats de Paris. De nouveaux appels ont été lancés sur les réseaux sociaux et ils ont été mieux suivis qu'en janvier. Lisa, élève de 5ème secondaire à l'origine du mouvement, explique : "On a refait un évènement Facebook après les attentats de Paris et les plus jeunes de 1ère et de 2ème année s'habillaient aussi en noir. Je pense qu'ils ont mieux compris cette fois-ci ".

Ségolène, autre élève de 5ème secondaire ajoute : "Pour Charlie Hebdo, on ne se sentait pas vraiment concernés parce qu'on se disait qu'on ne pouvait pas être attaqués. Après Paris, on s'est dit que ça pouvait arriver à tout le monde".

Tensions et racisme

Il y a un an, l'adhésion était moins massive. À l'époque, environ 30% des élèves n'avaient pas suivi le mouvement de solidarité. Certains expliquaient être contre ces attentats, mais ne pas cautionner par ailleurs l'attitude du journal satirique envers les différentes religions. Cela causait parfois des tensions et même des remarques racistes envers les musulmans.

Tous unis contre la violence

Aujourd'hui, les élèves de confession musulmane se sentent mieux compris qu'il y a un an. Betul, élève de 5ème secondaire précise : "Cette année au contraire, je trouve qu'on vit plus paisiblement, on nous comprend mieux". "Depuis les attentats de Paris, les gens font mieux la différence entre terrorisme et religion", nous confie Kamélia, "on a compris aujourd'hui que c'est le terrorisme contre le monde, et on est tous unis contre ces actes de violence".

Rôle de l'éducation

Au sein de l'école, différentes initiatives ont été prises pour améliorer le vivre-ensemble. Puis certains professeurs comme Bruno François ont ouvert le dialogue : "Je pense que le radicalisme peut naître notamment dans les salles de classes si on ne cadre pas suffisamment le débat, si on ne le modère pas correctement", explique ce professeur de latin, "Donc oui, on a un rôle important. On doit discuter avec eux, véhiculer les valeurs démocratiques tout en restant ouvert, c'est important".

Un dialogue qui continuera dans cette école comme dans beaucoup d'autres en Belgique, pour permettre à nos adolescents de devenir les citoyens de demain. 

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