ULG: la formation en étude du terrorisme et de la radicalisation affiche complet

C'est ce mois-ci que débute à l'Université de Liège les cours en étude du terrorisme et de la radicalisation. Cette formation -mise en place suite aux attentats de mars dernier- est déjà complète. Donné un jour par semaine durant un an, le cours aborde d'abord le processus des terrorismes et de la radicalisation, pour savoir ensuite qui en sont les auteurs. Et plus particulièrement par exemple, les kamikazes et les combattants terroristes étrangers. Enfin, la formation propose certaines actions de prévention et de répression en matière de renseignement, d'enquête policière ou de détention pénitentiaire.

Beaucoup de policiers mais peu d'agents du renseignement belge

25 places étaient disponibles pour plus d'une cinquantaine de demandes. Parmi elles, à peine deux émanent d'agents du renseignement belge! Un chiffre étonnamment bas pour Michael Dantinne, professeur de criminologie à l'Ulg et expert auprès de la commission parlementaire sur les attentats de Bruxelles: "ce sont majoritairement des policiers qui sont présents. Ça peut s'expliquer par l'engorgement et les exigences actuelles qui pèsent sur tous les services de renseignement. Le besoin semble pourtant identique: mieux comprendre les vérités sur lesquelles on travaille pour être plus efficace". 

Parmi les professionnels qui suivront la formation, il n'y a pas que les services de sécurité: "certains aussi viennent du milieu pénitentiaire et plus généralement de l'exécution des peines. Il faut savoir qu'ils sont directement confrontés à ces réalités. C'est là qu'atterrissent et doivent être pris en charge terroristes avérés ou soupçonnés de l'être. Sans compter les problèmes de radicalisation en prison de personnes qui ne sont pas à la base sensibles à ces idées. Il y a aussi des travailleurs du secteur social, du travail de rue, des gens du monde politique, de cabinets ministériels ou des médias".  

On peut être radical sans être terroriste

Quand on parle aujourd'hui de terrorisme, on pense systématiquement au terrorisme islamiste. C'est en partie une erreur pour le criminologue: "on a raison sur les faits de l'actualité mais on a tort sur le fond. C'est un des objectifs de cette formation universitaire: traiter évidemment de cette réalité du terrorisme islamiste mais en allant au-delà. La radicalisation et le radicalisme ont des processus communs à toutes les formes de terrorisme et d'ailleurs on peut être radical sans être terroriste. On parlera aussi bien de l'extrême-gauche, de l'extrême droite que de l'altermondialisme ou de l'indépendantisme, les processus sont communs".  

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