Uderzo après que la police a retrouvé 84 de ses dessins à Forest: "La Belgique est un pays un peu curieux"

Albert Uderzo à l'exposition "Astérix à Alésia"
Albert Uderzo à l'exposition "Astérix à Alésia" - © © Guillaume Rapita

Quatre-vingt-quatre dessins originaux du dessinateur français Albert Uderzo ont été retrouvés lors d'une perquisition à Forest le 8 mars dernier. L'un des pères d'Astérix avait déposé plainte en décembre après avoir constaté que des dessins, qu'il avait selon lui prêtés, étaient mis en vente à Bruxelles sans son consentement. Si la vente avait été annulée, les dessins eux s'étaient volatilisés. Mais ils ont été retrouvés la semaine dernière.

Soulagement

L'enquête a débuté en France. Et elle passe donc par la Belgique. Plus précisément par un garage d'une habitation de Forest à Bruxelles. C'est là que les planches originales ont été retrouvées. "C’est un grand soulagement", affirme Albert Uderzo. "Ce n’est pas que j’ai une grosse ambition en gardant ces dessins. Ils n’ont pour moi aucune valeur sinon une valeur de souvenir, surtout les premiers. Quand je les ai faits d’ailleurs, je ne savais pas que ce métier existait. Et qu’il deviendrait le mien avec la carrière que l’on sait".  

Entraide européenne

Ce sont les enquêteurs français qui ont localisé les dessins à Forest. Ils ont alors sollicité un juge d'instruction bruxellois par une demande d'entraide européenne. Tout est alors allé très vite. "En 24 heures, les autorités belges, via le juge d’instruction et les policiers de la zone Midi, ont pu mettre la main sur les dessins via des perquisitions", détaille Denis Goeman, porte-parole du parquet de Bruxelles. "C’est une démarche excessivement rapide. Je dirais, avec une petite note d’humour, sans doute grâce à la potion magique".

Le curieux pays d'Hergé et de Tintin

Ces dessins réalisés entre 1940 et 1963 racontent notamment l'histoire du Capitaine Marvel Jr. On y trouve aussi Castagnac, un précurseur d'Astérix et donc des dessins d’enfance d’Uderzo qui ne comprend pas comment ils ont pu disparaître après l’annulation de la vente. Mais ce qui l’interpelle aussi c’est qu’ils aient pu être mis en vente.

"Je suis désolé de vous dire ça, mais vous savez, la Belgique est un pays un peu curieux. C’est-à-dire qu’au bout d’un certain temps, si vous avez des originaux vous n’avez pas à expliquer pourquoi vous les posséder et vous pouvez en tirer profit. Dans le pays d’Hergé et de Tintin, je trouve ça quand même assez curieux. Ça n’existe pas en France".

Si pour Albert Uderzo, ces dessins n’ont qu’une valeur sentimentale, ils ont aussi une valeur marchande estimée à plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de milliers d’euros.

Pour l'heure, selon le parquet de Bruxelles, personne n'a été inculpé, ni arrêté. L'enquête suit son cours en France.

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