UClouvain : des tests avec bugs et des étudiants stressés en vue des examens à distance

UClouvain: des tests avec bugs et des étudiants stressés avant les examens à distance, malgré les efforts des informaticiens  (illustration)
UClouvain: des tests avec bugs et des étudiants stressés avant les examens à distance, malgré les efforts des informaticiens (illustration) - © © YORICK JANSENS - BELGA

C’est une session d’examens inédite qui se prépare pour les étudiants du supérieur !

Elle a d’ailleurs déjà débuté dans certaines facultés. Crise sanitaire oblige, les évaluations de fin d’année académique prennent d’autres formes. Une partie des examens se déroule à distance. Les étudiants sont interrogés par ordinateur, depuis leur domicile. Une technique d’évaluation en ligne qui fait encore l’objet de tests à blanc, avec un constat interpellant : les couacs informatiques se multiplient malgré les efforts des services help desk. Conséquence : le stress monte chez certains étudiants malgré les propositions de solutions alternatives. Quelques-uns, très en colère, nous ont même avoué leur intention d’introduire des recours.

Tests à blanc délicats

A l’UCLouvain, par exemple, les examens ont lieu en ligne, à domicile ou dans des locaux universitaires informatisés (pour ceux qui rencontreraient des difficultés techniques ou autres, à domicile). Les interrogations se font par écrit ou oralement, avec parfois, un logiciel anti-triche censé jouer les Big Brother. Le système permet de surveiller l’étudiant par webcam.

"En médecine, plus de 800 examens ont déjà eu lieu, sans trop de problèmes", nous a expliqué l’université. Mais pour les tests à blanc, organisés en vue des évaluations de juin, les couacs informatiques semblent se multiplier. Pas plus tard que ce mardi, de nouveaux témoignages nous sont parvenus. Bugs informatiques, connexions défaillantes, problèmes de connexion au serveur, impossibilité d’enregistrer sa carte d’identité, craintes relatives au logiciel anti-triche "TestWe",… le stress s’accentue et la tension monte au sein d’une partie de la communauté estudiantine.

Témoins anonymes

Par écrit ou oralement, les témoignages se sont multipliés ces derniers jours. Mais tous les étudiants qui nous ont interpellés ont voulu rester anonymes. "Je n’ai pas envie d’avoir des problèmes", voilà pour la justification. "Nous reconnaissons qu’il y a eu des problèmes, mais ceux-ci restent minoritaires", souligne l’université. Et de préciser que des solutions seront systématiquement trouvées en cas de problème pour assurer le bon déroulement de la session.

Reste que les témoignages sont interpellants. "Mon PC ramait. Le logiciel, l’utilisation de caméra,… tout cela demande des ressources sur le PC". "Personnellement, je n’ai pas un ordinateur très performant. Du coup, cette méthode ne facilite pas le fonctionnement de ma machine". Invité à procéder à un test à blanc ce mardi, cet étudiant a constaté d’autres problèmes. "L’appareil n’a pas reconnu ma carte d’identité. A la fin, alors que j’ai une très bonne connexion internet, le système m’a signalé que je n’avais pas de wifi. Je ne pouvais pas envoyer ma copie. J’ai rafraîchi la page. Et là, mon écran est devenu noir !"

Pour d’autres, c’est la crainte d’un virus et les possibles dégâts à leur matériel personnel qui suscitent des craintes. "Quand un ordinateur est abîmé ou quand il faut le remplacer, qu’est-ce qui est prévu ? Pourra-t-on être dédommagé ? Nous n’en avons pas la moindre garantie. La charge de la preuve n’est pas une chose évidente".

"TestWe est un logiciel qu’il faut installer après avoir désactivé notre pare-feu. Temporairement, mais cela m’inquiète tout de même. Je n’ai pas envie d’avoir un virus, ni de perdre des données personnelles importantes".

Stress supplémentaire

Même si de nombreux étudiants n’ont pas rencontré de problèmes lors des tests ou lors des premiers examens, les couacs dénoncés génèrent visiblement beaucoup de stress chez les étudiants.

"Tous ces problèmes informatiques augmentent vraiment mon stress. Ce n’est déjà pas facile en temps normal. Mais cette année, c’est plus difficile. D’autant que devoir passer les examens chez moi, ce sera compliqué. Il y a du bruit, des enfants en bas âge. Je risque de ne pas pouvoir me concentrer". D'autres témoins évoquent une perte de temps. Un temps pourtant bien précieux en période de blocus.

L’université tempère

De son côté, l’université rappelle qu’en cas de difficultés à domicile (problèmes techniques et/ou informatiques, difficultés liées à l’environnement de travail,…), des alternatives sont possibles pour pouvoir présenter ses examens dans de bonnes conditions. "C’est toujours le cas en informatique, personne n’est à l’abri d’un problème. Quand vous avez plus de 30.000 étudiants, il y a forcément quelques surprises", explique Yves Deville, conseiller du recteur de l’Université numérique. "Mais les ratés constatés jusqu’à présent restent peu nombreux. Je rappelle que nous avons un service help desk accessible 7 jours sur 7 pour aider les étudiants qui seraient confrontés à des difficultés d’ordre technique ou informatique. En cas de problèmes persistants, nous pouvons prêter un ordinateur. Mais nous invitons aussi l’étudiant à passer son examen en ligne, sur site".

L’UCLouvain attend entre 5 et 10% d’étudiant(e) s dans les salles informatisées réservées pour la session de fin d’année. Des salles où la distanciation sociale (physique) sera évidemment assurée.

L’UCLouvain rappelle aussi qu’une série de matières seront évaluées par la remise de travaux et que d’autres cours seront dispensés d’examens.
L’université espère surtout ne pas être victime de pannes dues à un fournisseur d’internet ou à une surcharge de connexions, comme cela s’est vu à l’ULg, récemment. 
 

A l'université de Liège, un bug a aussi fait l'actualité (extrait JT du 18 mai)