UCL: Trois penseurs utopistes pour régler les problèmes belges ?

De gauche à droite Eduardo Suplicy, Paola Vigano et Jimmy Wales. Les trois nouveaux docteurs honoris causa de l'UCL.
De gauche à droite Eduardo Suplicy, Paola Vigano et Jimmy Wales. Les trois nouveaux docteurs honoris causa de l'UCL. - © UCL

Ce sont des personnalités fortes dans leurs domaines : un économiste brésilien qui se bat pour les plus pauvres, une architecte italienne qui pense les villes du futur et le co-fondateur de l'encyclopédie en ligne Wikipedia. Ces trois intellectuels viennent d'être fait "docteur honoris causa" par l'UCL. Il s'agit d'un titre honorifique conféré par une université. 
Cette année, le thème était l'utopie. Autrement dit, ceux qui réfléchissent à un monde idéal. Cela vous semble peut-être éloigné de notre quotidien et des problèmes actuels en Belgique ? Et bien pas tant que cela. 

A 54 ans, Paola Vigano a déjà reçu de nombreux prix. Cette architecte et urbaniste italienne a une vision très critiques de nos villes actuelles, des villes qui seraient polluées, embouteillées, froides, presque déshumanisées. Alors, quand elle entend qu'on doit fermer des tunnels routiers actuellement à Bruxelles. Elle, elle y voit une opportunité. "Évidemment, cela nous demande de modifier aussi notre façon de vivre, d'apprendre à nous déplacer sans la voiture. Nous devons donc inventer de nouvelles façons de nous déplacer, en se basant notamment sur les transports en communs. C'est une opportunité pour réfléchir à de nouveaux modes de déplacement, moins consommateurs d'énergie et qui pourraient en même temps nous garder en meilleure santé".

Un autre dossier actuel qui agite beaucoup l'actualité chez nous, c'est la question des réfugiés. "Pourquoi ne pas leur donner un revenu minimum garanti ?", lance l'économiste Eduardo Suplicy. Ce Brésilien est aussi un ancien homme politique de gauche. C'est lui qui a poussé son pays à devenir le premier à garantir un revenu minimal pour les plus pauvres. "Cela offre de la dignité et de la liberté aux personnes. Avec cet argent, des jeunes ont par exemple pu prendre des cours, se former et trouver un emploi pour faire vivre leur famille. En d'autres termes, au Brésil, cela évite de devoir tomber dans les extrêmes comme la prostitution ou le trafic de drogue".  Une recette transposable pour intégrer plus facilement les réfugiés en Europe, affirme encore l'économiste. 

Quant au co-fondateur de Wikipedia, l'Américain Jimmy Wales, il reconnait que son encyclopédie n'est pas parfaite. Mais elle aurait au moins apporté un savoir de base à des gens qui, sans elle, n'auraient pas ouvert un livre. Il estime que l'enjeu est important en cette période où on peut lire tout et n'importe quoi sur internet, notamment en matière d'extrémisme et de religion. "L'avantage de Wikipedia est qu'elle se veut le plus neutre possible. La Communauté des gens qui écrivent exerce une sorte de contrôle social, cela permet d'éviter de se retrouver avec des articles partisans. Nos pages apportent le savoir de base aux lecteurs pour les pousser ensuite à aller plus loin dans leurs connaissances". 

Trois penseurs, trois nationalités, trois types de rêves et d'idéaux. Mais pourquoi pas aussi trois types de réponses à des problèmes bien actuels en Belgique.

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