Tunnels bruxellois en mauvais état: Grouwels défend son bilan, Smet tente de rassurer

La séance de mercredi de la Commission spéciale du Parlement bruxellois était consacrée au sujet brûlant du moment pour la Mobilité dans la capitale vu que le tunnel Montgomery vient d'être fermé pour plusieurs semaines.

La semaine dernière, la Commission présidée par Charles Picqué (PS et ex-ministre-président de la Région jusqu'en 2013) avait entendu les anciens responsables de l’administration régionale qui avaient souligné le manque chronique de financement de leur secteur par le politique.

Face à de nombreuses questions sur l'entretien et la supervision des tunnels bruxellois depuis une quinzaine d'années, Brigitte Grouwels (CD&V), ancienne secrétaire d'Etat et ministre bruxelloise entre 2004 et 2014, notamment aux Travaux publics au cours de la dernière législature 2009-2014, a défendu son travail.

Sous sa dernière législature, un Master Plan avait été élaboré en 2013. Il évaluait l'état de tous les tunnels du réseau bruxellois, 25 au total, et le coût de leur rénovation, à environ 400 millions d'euros. Question centrale ce mercredi : qu'est devenu ce plan depuis 2013 ?

Brigitte Grouwels a rappelé que si sa politique avait toujours été axée sur la promotion des moyens de transports alternatifs à la voiture privée, les investissements d'entretien des infrastructures n'avaient pas été négligés, même si le contexte budgétaire était à l'économie durant ces années-là. "Nous avons toujours mis la sécurité des tunnels en priorité". 

"On a toujours effectué les travaux d'entretien et de rénovation nécessaires. Malgré cela il peut toujours y avoir des aléas". Elle a énuméré tous les travaux qui ont été faits, rappelant qu'on ne pouvait pas tout faire en même temps, "nous ne disposons ni du personnel ni des moyens pour cela".

Au cours de la législature 2009-2014, le budget de 120 millions d'euros d'entretien et d'investissement des tunnels a été employé à 100%, plus que pendant la mandature précédente, a précisé l'ancienne ministre.

Alain Courtois, MR, opposition, s'interroge : "On a l'impression que vous aviez tout en main, vous aviez les rapports, il y avait du crédit mais vous ne l'avez pas utilisé pour les travaux urgents, pourquoi ?"On a l'impression que chacun se renvoie la balle dans ce dossier. Et on a l'impression qu'avant chaque commission ici on ferme un tunnel, c'est désagréable et dommageable pour l'image de Bruxelles" ajoute-t-il.

L'ancienne ministre CD&V reconnait que ces tunnels fermés ne sont pas propices à l'image de Bruxelles, comme le fait remarquer le MR Alain Courtois. "Cela commence à devenir désagréable. L’image de Bruxelles devient abracadabrantesque. Cela devient risible. Je ne pense pas que les travaux nécessaires aient été effectués. Si cela avait été le cas, nous n'en serions pas là."

Qu'est devenu le Master Plan?

Brigitte Grouwels reconnait que les travaux aux tunnels sont compliqués notamment en ce qui concerne leur planification, ce qui n'empêche pas que le tunnel Léopold II a bien été entretenu et que sa rénovation était la priorité absolue de la législature 2009-2014.

Vincent De Wolf (MR, bourgmestre d'Etterbeek) signale que le plafond du tunnel Montgomery s'est bien désolidarisé du mur.

Il demande aussi pourquoi le Master Plan n'a jamais été évoqué en réunion intercabinet au sein du gouvernement bruxellois. "Je n'ai rien caché" dit-elle.

L'ex-ministre affirme que le plan a bel été bien été discuté en intercabinet et au gouvernement. Le président de la Commission Charles Picqué, alors ministre-président, précise que le Master Plan a été "fondu" dans le plan global d'investissement. 

Brigitte Grouwels a aussi du répondre aux questions de ses anciens partenaires Groen, Bruno De Lille, sur le tunnel Stéphanie qui a été brusquement fermé il y a quelques semaines : chaque tunnel a sa face cachée, des défauts invisibles peuvent donc apparaître d'un moment à l'autre, dit-elle.

À sa sortie Vincent De Wolf a ajouté: "On nous a montré étude réalisée par bureau d'étude qui est dramatique : le toit du tunnel, la dalle qui est sur le toit du tunnel, sur laquelle passent des trams, est descendue de 8 cm, le toit descend dans le tunnel et n'est plus solidarisé avec le mur porteur qui le tenait. Seules armatures en métal tiennent encore ce plateau en béton qui aurait pu tomber sur la chaussée et usagers. Des étançons ont été placés mais on ne peut pas garantir qu'ils vont empêcher mouvements. Travaux d'enlèvement d'une partie du toit vont devoir se faire, ca prendra entre 2 et 4 mois selon les premières prévisions, on a des réunions techniques ce soir et demain matin. On va essayer de sécuriser au mieux pour les riverains, faut protéger les gens. Pronostic : entre 2 et 4 mois de fermeture du tunnel selon que l'on démolisse la dalle ou selon qu'on la répare".

 

Pascal Smet (sp.a), actuel ministre bruxellois de la Mobilité est ensuite venu défendre sa politique, mettant en avant sa priorité absolue: la sécurité des automobilistes.

Soucieux de rassurer, Pascal Smet a précisé que "sauf mauvaise surprise, en cours de chantier, le tunnel Stéphanie devrait pouvoir être rouvert durant la deuxième quinzaine de mai", lors de son audition par les membres de la commission spéciale du parlement bruxellois chargée de se pencher sur les circonstances de l'aggravation de l'état des tunnels de la capitale.

Confirmant que les travaux de réparation provisoire démarreraient lundi prochain, Pascal Smet a précisé que ceux-ci représentaient une dépense de quelque 500 000 euros. Il seront menés sur base d'un contrat existant.

Dans une première phase, on poursuivra le décapage dans la zone du tunnel concernée et on s'attardera à l'étanchéité. On procédera ensuite à la projection de béton et à l'ajout simultané d'une armature.

"Pour le timing, il faut rester prudent, comme dans le cas des maisons à rénover, mais sauf surprise, on pourrait espérer une réouverture du tunnel durant la seconde quinzaine de mai, mais je ne veux pas m'enfermer dans un timing", a-t-il ajouté.

M. Smet a par ailleurs précisé que l'entrepreneur désigné planchait sur une organisation de travail en deux shifts, mais que lui-même et l'administration avaient demandé à celui-ci d'en envisager un troisième pour limiter au maximum le délai de fermeture.

Concernant le tunnel Pacheco, Pascal Smet, l'administration de la Mobilité a relevé que la(les) pierre(s) qui aurai(en)t endommagé un véhicule ne provien(nen)t pas du tunnel dont l'entrée se situe sur le territoire de la Ville de Bruxelles et la sortie débouche sur Saint-Josse-ten-Noode. Aucune plainte n'a pas ailleurs été déposée, a-t-il ajouté.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK