Tuerie de Liège: un an après, le papa d'une des victimes se confie

"Je ne vais pas bien. Je suis en colère. J'ai une partie de moi qui est perdue, même morte" confie Mohamed Belhadj. "Après tout ce temps, j'ai bien réfléchi. Et ce n'est pas envers lui (ndlr: Nordine Amrani) que j'ai de la colère. C'est vrai que les faits sont là, mais la colère va vers le système. Parce qu'on parle de liberté conditionnelle et c'est bien, il faut les réinsérer. Mais quand on dit conditionnel, il faut les suivre, et les suivre convenablement".

Pour Mohamed Belhadj, la justice a mal fait son travail: "Son tuteur, ça a été la société parce que dès son jeune âge, il a été dans des institutions et finalement le tuteur, c'est la société. Et la société, c'est qui? C'est la justice, qui a mal fait son travail. Si vous, vous ne payez pas une facture, on vient vous chercher et vous saisir. Et lui, avec tout ce qu'il a fait, avec toute l'armurerie qu'il avait, il était encore dehors. C'est incompréhensible".

"Il faut pouvoir tenir, malgré tout"

Au moment des faits, la papa de Nathan Medhi nous avait confié vouloir retourner dans son pays, la Tunisie: "Cette idée m'a effectivement effleurée. Pour moi, ça aurait été une nouvelle vie, un moyen de voir autre chose parce qu'ici, la pression est très forte. Il faut pouvoir tenir, malgré tout. L'espoir, c'est la vie comme on dit. Ce n'est pas évident tous les jours mais j'essaye pour mon épouse et mes deux filles. Je me suis dit qu'après le 13, il fallait absolument que j'avance et que je remonte la pente. Parce que vivre ça au quotidien, c'est une torture morale difficile à vivre".

B. Alié

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