Trois univers photographiques différents

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Comme c'est le cas trois fois par an, le Musée de la Photographie de Charleroi propose des expositions temporaires. Elles valent à nouveau le détour.

Trois expositions occupent actuellement les grands espaces du Musée de la Photographie de Charleroi. Elles ont pour nom "White sea black sea", "Courants~Contre-courants" et "L'errance du temps". Elles regroupent des photos réalisées respectivement par Jens Olof Lasthein, Serge Clément et Tjienke Dagnelie. Ces expos seront accessibles jusqu'au 16 mai 2010.
"White sea black sea" de Jens Olof Lasthein
Le titre de cette exposition est tiré des voyages du photographe. En effet, ce dernier a sillonné la plupart des pays situés entre la mer Noire et la mer Blanche. Et il en a capté la lumière et l'état d'esprit. Il ressort aussi de sa rencontre avec les habitants une mélancolie toute particulière. Il s'est tellement approché de ces personnes qu'on a parfois l'impression que ses photos sont issues d'albums de famille. Lasthein a employé un appareil panoramique, du genre que l'on utilise habituellement pour les grands paysages. La mélancolie slave est peut-être en train de disparaître du monde moderne mais elle toujours bien présente dans l'oeuvre de ce photographe danois résidant à Stockholm.
"Courants~Contre-courants" de Serge Clément
Serge Clément explore la stabilité, la tranquillité de ses rêveries pour s'échapper et atteindre un état d'âme : son espace poétique. Le silence propre de ses photographies nous murmure la profondeur et la plénitude de sa solitude. Ombres, griffures, traces, inscriptions se mélangent, se superposent dans des cadrages où le paysage propose des noirs, des gris, des blancs, des pluies, des pénombres, des palissades, des trottoirs et des passants. Chaque photographie concentre en elle un ensemble obscur de temps arrêtés qui, dans leur tressage, installe l'univers abstrait de la poésie des états d'âme du photographe.
"L'errance du temps" de Tjienke Dagnelie
C'est en autodidacte que cette artiste s'initie à la photographie au début des années 1930. Pour elle, l'appareil photographique est d'abord un moyen d'enregistrer le quotidien, la famille, les proches, les études à La Cambre. Le thème de l'autoportrait, que l'on retrouve tout au long de son oeuvre, apparaît très tôt également. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Tjienke Dagnelie réalise une série de reportages à Bruxelles sur le folklore. Elle fixe sur pellicule la plantation du Meiboom, la vie sur les marchés et les scènes populaires des Marolles. Ce sont aujourd'hui de précieux et rares documents pris sur le vif avec humanité. C'est un autre Bruxelles qui revit et nous envahit de nostalgie. L'uvre photographique de Tjienke Dagnelie, grâce à sa générosité et à celle de son époux, Jean Fourneau, est désormais conservée au Musée de la Photographie de la Communauté française Wallonie-Bruxelles à Charleroi.
Pour tout savoir sur les conditions d'accès au Musée, veuillez lire l'article en rapport ci-dessous.
Daniel Barbieux d'après Marie Lundquist, Jacques Damez et Marc Vausort

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