Trois nouveaux prêtres pour le Diocèse de Tournai

Le fait est devenu assez rare pour être signalé... Ce dimanche 24 juin, la Cathédrale de Tournai accueille à 15 heures une cérémonie d'ordination pour trois nouveaux prêtres. Avant eux, dans ce même Diocèse, il n'y a eu que six nouveaux prêtres ces quinze dernières années. Nous avons rencontré Simon Naveau (39 ans), originaire de Thuin; Pascal Cambier (47 ans) de Mons et Yannick Letellier (38 ans) de Maffle. Point commun entre ces trois hommes : ils ont tous ont eu une vie professionnelle avant d'entamer leur formation au séminaire (7 ans d'études). Ce qu'ils racontent de leur parcours montre que si les ordinations sont peu nombreuses de nos jours, elles sont par contre le résultat de choix mûrement réfléchis.

Comment décide-t-on un jour de devenir prêtre?

Yannick Letellier est le premier à répondre à cette question, cet ancien informaticien raconte: "pour moi, ça a été un appel, un événement de ma vie que j'ai relu avec les yeux de la foi. Une question s'est imprimée en moi: jusqu'où veux-tu aller dans le don de ta vie. Et après avoir réfléchi, j'ai répondu que je voulais donner toute ma vie au Seigneur. J'ai dû l'annoncer à ma famille non-pratiquante, ça a été un petit drame. Mais petit à petit, ils ont vu que j'étais heureux et ils ont accepté".

Pascal Caudron, l'aîné du trio a lui aussi grandi dans une famille qui ne pratiquait pas: "J'ai une formation d'ingénieur civil et j'ai travaillé 13 ans dans l'industrie automobile. J'étais athée. La redécouverte de la foi est arrivée assez tardivement. J'ai été frappé par une expérience dans une abbaye, j'ai fréquenté cette abbaye pendant plusieurs années et puis j'ai décidé de démissionner de mon travail et de partir vivre comme moine. La vie monastique a été une expérience de conversion de fond mais au bout de deux ans, je me suis rendu compte que ma voie n'était pas d'être coupé du monde mais plutôt d'être parmi les gens. A 40 ans, j'ai donc décidé de revenir dans ma région natale et d'entrer au séminaire".

Contrairement à ses deux collègues, pour Simon Naveau, l'idée est née très tôt mais elle a mis du temps à prendre forme: "déjà depuis l’enfance, je ressentais l'appel pour devenir prêtre mais depuis l'adolescence j'avais mis la question de côté parce que ce n'est pas la mode et du coup je me suis dit que j'allais passer ma vie à faire comme tout le monde, des études, travailler et tant qu'à faire, profiter de la vie: avoir une vie professionnelle, sortir avec des amis... Et puis je me suis rendu compte compte que toutes ces choses-là, même si elles sont belles, ne remplissent pas une vie et j'avais l'impression de passer à côté de l'essentiel. Je suis revenu à Dieu, je l'ai remis au centre de ma vie et la question de devenir prêtre est revenue. Ce n'était pas un appel instantané mais le fruit d'un long questionnement, le balancement entre pour et contre. Et puis un jour il a fallu prendre la décision: oui je rentre au séminaire, oui, je veux devenir prêtre".

Et la question du célibat?

La question fait sourire, banale évidemment mais face à trois hommes qui tournent autour de la quarantaine, on peut supposer qu'il y a eu une réflexion mûrie à propos des relations amoureuses, de la vie de couple...  

Cette fois, c'est Simon Naveau qui se lance:  "De mon côté, j'ai eu des amourettes mais malheureusement ou heureusement, elles ont été sans lendemain. Je crois que ce travail que j'ai fait sur moi m'a permis de me rendre compte que je ne suis pas fait pour la vie de couple et que j'étais peut-être appelé à autre chose".

Yannick Letellier considère ce célibat comme un choix: "on sait que c'est comme ça, si vraiment le manque de vivre avec quelqu'un est trop douloureux, il ne faut pas se lancer dans cette voie-là."

Pour Pascal Cambier, la question s'est posée au moment où il est devenu moine: "c'est très étrange parce que les difficultés rencontrées pendant la vie monastique n'ont pas été celle-là alors que j'avais peur d’entrer à l'abbaye pour cette question-là... Mais j'avais 40 ans, si j'en avais eu 18, ça aurait été autre chose."

Comment envisager vous votre rôle de prêtre dans la société?

Pour Simon Naveau, "le prêtre est  envoyé dans sa paroisse pour faire grandir les personnes dans leur vie avec Dieu. La forme concrète que ça prend, ça dépend du caractère de chacun, des lieux, des gens qu'on va rencontrer mais il faut garder un esprit de service. Faire grandir les autres et ne pas vouloir se grandir soi-même".

Yannick Letellier envisage son ministère au milieu des gens: "j'ai toujours été dans des milieux populaires et depuis que je suis au séminaire, je n'ai pas changé. S'il y a un carnaval, s'il y a une fête, s'il y a une exposition, j'y vais avec mon habit (col romain) et les gens peuvent me repérer. Mon expérience m'a montré que rien qu'en traversant la Grand-Place, il y a des gens qui nous arrêtent et qui nous posent des questions".

Pascal Cambier attend de découvrir sa paroisse: "et les gens qui y vivent parce que d'un endroit à l'autre c'est très différent. Il faut s'adapter, vivre avec les gens et se mettre à leur service".

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