Triste journée à La Louvière: les travailleurs de Duferco votent la fermeture

Il y avait deux usines sidérurgiques à La Louvière. Il n'en restera qu'une. Duferco fermera. Un plan de restructuration était négocié ces derniers mois, qui visait à réduire l’emploi de quelque 400 travailleurs à 200. Finalement, aucun plan viable n’aura pu être mis au point par la direction et les syndicats. C’est donc la fermeture pure et simple qui est actée ce mercredi (deux autres scénarios avaient été proposés aux syndicats par la direction durant la nuit de mardi à mercredi). En votant l'arrêt des activités, travailleurs et cadres ont ainsi refusé l'idée même d'un plan de sauvetage qui, s'il échouait, aurait mené à la faillite.

Toute activité sidérurgique ne cesse pas pour autant à La Louvière puisque mardi l'usine voisine du groupe russe de NLMK a au contraire confirmé son plan de relance. 550 emplois sur les 900 de départ seront dans cette usine-ci préservés.

Une poursuite des activités sur le site sidérurgique de Duferco La Louvière, lourdement déficitaire, risquait de ne pas permettre au groupe de financer un plan social acceptable pour les travailleurs, a expliqué mercredi au cours d'une conférence de presse le président de Duferco Belgium, Antonio Gozzi.  "NLMK est un géant (...), Duferco un petit opérateur", a notamment rappelé Antonio Gozzi.

Après une année 2012 "catastrophique" marquée par des pertes globales de plus de 40 millions d'euros, Duferco La Louvière, usine spécialisée dans les produits longs, a continué à perdre de l'argent. "Si on continuait à perdre de l'argent à ce rythme, un plan social à la belge n'aurait sans doute pas été possible", a déclaré le patron de Duferco Belgium qui se voit obligé de conclure: "Avec les partenaires sociaux, on avait des visions différentes".

Le grand patron du groupe, semble affecté par cette décision, parce qu'elle résonne comme l'échec de certains choix, de ce groupe d'investissement. Un groupe qui restera en Wallonie, mais qui fera autre chose. Les activités sidérurgiques de Duferco en Wallonie, c'est fini, si ce n'est cet engagement, qu'il a pris d'assurer la maintenance de l'outil sur le site de La Louvière pendant quelques temps, quelques années peut-être jusqu'à ce que le secteur de l'acier se porte mieux et qu'un éventuel repreneur se manifeste. "Aujourd'hui, il n'y a pas de repreneur. Mais la sidérurgie est cyclique. On devrait au moins attendre le prochain cycle positif de l'acier", dit Antonio Gozzi, tout en concédant ne pas attendre d'embellie pour les années 2013 et 2014.

Mais l'avenir de Duferco en Wallonie réside plutôt dans la reconversion, l'assainissement des sites industriels. Depuis quelques années, il assure cette mission sur le site des anciennes forges de Clabecq, et Antonio Gozzi veut en faire un métier à part entière.

Cette reconversion, en cours à Clabecq, en préparation à Charleroi et à La Louvière, est ou sera génératrice d'emplois. Pas de quoi boucher le trou laissé par la sidérurgie, mais quand même : on parle de quelques dizaines d'emplois à court terme et de quelques centaines d'emplois, plus tard.

Plan social

Cette cessation des activités ouvre la porte à un plan social de fermeture. Un plan d'ores et déjà accepté par les travailleurs.

Sur les quelque 380 travailleurs concernés par la fermeture du site de La Louvière, environ un tiers entre en ligne de compte pour une prépension à partir de 52 ans. Des primes de départ sont également prévues en fonction de l'âge et de l'ancienneté des travailleurs. "Les primes de départ sont plus importantes pour les personnes les plus âgées, entre 40 et 50 ans, car ce sont les personnes les plus lésées et les plus difficiles à reclasser", a expliqué Antonio Gozzi. Au total, Duferco Belgium consacrera une enveloppe de 65 millions d'euros à ce plan social.

Le SETCa commentait le choix des travailleurs: "La moins mauvaise des solutions", disait ainsi Manu Morais à l'agence Belga. "La décision de fermeture de la direction a été argumentée sur base du contexte économique extrêmement tendu. Cette décision était, à notre sens, prise depuis longtemps, mais n'avait jamais été exprimée clairement", a encore fait remarquer Manu Morais. Pour les syndicats, "les conditions drastiques du plan de survie présenté ne tenaient pas la route".

La négociation a également abouti au maintien de tous les outils en état et à la mise à la disposition du site pour tout repreneur éventuel. Il a également été négocié que, en cas de reprise, tout travailleur de Duferco serait, en fonction de ses compétences, prioritaire pour récupérer un emploi. 

A la sortie de l'assemblée générale, les mines étaient graves. Certains travailleurs étaient mus par un sentiment de colère mais pour la plupart, c'était la résignation qui dominait.

Rappelons que toute activité sidérurgique ne cesse pas pour autant à La Louvière puisque hier mardi, l’usine voisine du groupe russe de NLMK a (au contraire) confirmé son plan de relance. 550 emplois sur les 900 de départ seront dans cette usine-là préservés.

Duferco fabriquait des produits longs, barre à béton et tubes. NLKM fabrique et entend se spécialiser dans les produits plats, les tôles de haute technologie, notamment destinées à l’industrie automobile.

RTBF, avec Belga

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