Treize rapaces abattus à Givry: Natagora porte plainte

Cadavre de busard des roseaux, l'un des oiseaux tués à Givry
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Cadavre de busard des roseaux, l'un des oiseaux tués à Givry - © Vincent Leirens

Les responsables de Natagora ne cachent pas leur colère. Ils dénoncent vivement la destruction volontaire d'oiseaux protégés, des rapaces récemment abattus à Givry (entité de Quévy), au Sud de Mons.

C'est un ornithologue, membre de Natagora qui a fait la triste découverte, treize cadavres d'oiseaux trouvés le 24 août dernier: six busards des roseaux, cinq buses variables et deux faucons crécerelles. L'association de défense de la Nature rappelle que la destruction d'espèces protégées est strictement interdite par la loi. Les contrevenants risquent des amendes allant de 800 à 800.000 euros. Natagora et la Ligue Royale Belge pour la protection des Oiseaux ont porté plainte contre X auprès de l'Unité Anti-Braconnage de la Région wallonne. Pour les défenseurs des espèces menacées qui mènent des actions de sauvegarde, cet abattage est particulièrement décourageant. "Cette année en Wallonie, seules trois nichées de busards des roseaux ont pris leur envol en plaine et quatre ou cinq en roselières",  précise le communiqué de Natagora.

Les chasseurs montrés du doigt

Les oiseaux tués ayant été vraisemblablement "plombés", les regards se tournent vers les chasseurs. Vincent Leirens, ornithologue pour Natagora pense que "c'est probablement un nettoyage des rapaces juste avant l'ouverture des la chasse et le lâchage du gibier d'élevage". Il affirme que "certains chasseurs considèrent les busards comme des concurrents qui s'attaquent au petit gibier de plaine". Un rôle qui pour Natagora "n'est pas avéré". Et l'association de rappeler que c'est surtout l'industrialisation de l'agriculture (pesticides, destruction des haies, mécanisation...) qui est la principale cause de la diminution des populations de faisans, lièvres et perdrix...

Ne pas stigmatiser l'ensemble des chasseurs

Suite à cette affaire, nous avons recueilli la réaction de Philippe Decrouez, président du Conseil Cynégétique Mons/Haut-Pays. Il est étonné par ce massacre de rapaces: "il n'y a aucune raison de faire un truc pareil. Tout le monde sait depuis longtemps que ces animaux sont protégés. Les chasseurs font très attention. Il faut arrêter surtout de stigmatiser l'ensemble des chasseurs chaque fois qu'il y a un problème". Ce chasseur est d'ailleurs assez critique sur les pratiques de lâchage de gibier, "ça détruit tout, même la biodiversité" explique-t-il, "pour ce que je puisse en connaître, par ici on ne lâche pas de gibier mais je ne connais pas le territoire de Givry, je ne sais pas ce qu'ils font...".

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