Traversée de voies ferrées : une campagne de contrôles pour dissuader de prendre des risques

Mieux vaut patienter quand le passage à niveau est fermé
Mieux vaut patienter quand le passage à niveau est fermé - © S. Vandreck

La scène est quotidienne au passage à niveau proche de l’arrêt de Basse-Wavre : des automobilistes, mais surtout des piétons et des cyclistes pressés traversent les voies alors que le feu du passage à niveau vient de passer au rouge ou que la barrière commence à peine à se relever. Souvent, leur train est en gare et ils ont peur de le rater en laissant passer un long convoi de marchandise. Ces usagers prennent un risque énorme. "Parfois, ils ne regardent même pas ce qui arrive de l’autre côté, explique Frédéric Sacré, porte-parole d’Infrabel. Or l’adage "un train peut en cacher un autre" est toujours d’actualité. Ce comportement est excessivement dangereux : il y a des morts chaque année et cela a aussi un impact sur le trafic ferroviaire". Selon les statistiques d’Infrabel, pas moins de 33 accidents se sont produits dans ce genre de contexte entre janvier et août 2019, dont quatre mortels.

De la sensibilisation à la répression

Pour lutter contre ces comportements, ainsi que contre la traversée de voies en gare, le gestionnaire du réseau ferré mène depuis un an des campagnes de sensibilisation dans les écoles. Des dispositifs tels que des suppressions de passage à niveau, des poses de clôtures ou de matelas anti-trespassing ont également été mis en place. Mais cela ne suffit pas pour dissuader les plus téméraires : lors d’une enquête menée l’an dernier, une personne sur deux reconnaissait ne pas connaître les règles de circulation en vigueur aux abords des passages à niveau. Infrabel a donc décidé d’aller un cran plus loin et de passer à la répression. "La sensibilisation a ses limites. La peur de l’amende peut aussi pousser les gens à changer leur comportement", rappelle Frédéric Sacré.

Des sanctions lourdes

Du 9 septembre au 6 octobre, avec l’appui de la police des chemins de fer et de Sécurail, est donc organisée la plus vaste campagne de contrôles menée à ce jour aux abords des voies. Des agents en civil surveillent les usagers et interpellent et verbalisent les contrevenants. En deux heures, à Basse-Wavre, cinq PV ont été dressés. Les sanctions sont sévères : franchir un passage à niveau au rouge est une des infractions les plus graves du Code de la route et est passible d’une amende de 320 à 4000 euros. Les récidivistes s’exposent aussi à un retrait de leur permis de conduire de huit jours minimum, même s’ils sont à pied ou à vélo.