Travaux pratiques "à domicile" pour certains étudiants de la faculté de Polytech de l'ULB

Avant de pouvoir procéder aux "TP à domicile", le professeur et les assistants ont du expédier 80 colis aux étudiants.
Avant de pouvoir procéder aux "TP à domicile", le professeur et les assistants ont du expédier 80 colis aux étudiants. - © Tous droits réservés

Les universités ont annoncé cette semaine qu’elles maintiendront les cours à distance jusqu’à la fin de l’année académique. Dans les facultés, les profs et les étudiants s’adaptent. Pour les cours théoriques, cela pose moins de soucis mais qu’en est-il des travaux pratiques ? Exemple avec l’école polytechnique de l’ULB qui tente de mettre sur pied des "laboratoires à domicile" pour ses 1eres master.

Séance de travaux pratiques pour les étudiants de Polytech. Exercice du jour : assembler et programmer " à distance " une balise de détresse. Philippe est en première master, après avoir installé les premiers composants, il tente en ligne de résoudre les problèmes avec l’aide d’un assistant.

Pour rendre possible ce labo à domicile, le professeur et les assistants ont dû au préalable envoyer toutes les pièces par la poste. "Cela a été un peu un challenge, confie Samy Mezhoud, assistant en Polytech. Au début ce qu’on voulait faire, c’était livrer directement le kit chez les étudiants mais avec le durcissement des mesures de confinement, on les a fait livrer par la poste."

10.000 euros de matériel

80 kits en tout ont été expédiés par la poste. "Mis l’un dans l’autre, tout cela représente tout de même 10.000 euros de matériel, souligne François Quitin, professeur d’électronique. ON s’est tout de même demandé si on pouvait envoyer une telle somme de matériel dans la nature. Mais vu les circonstances que l’on connait actuellement, on s’est dit qu’il fallait le faire. En tant que laboratoire, on est prêt à assumer d’éventuelles pertes financières si on ne récupère pas tout le matériel."

A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Les étudiants aussi l’ont bien compris. Et comme Philippe, ils jouent le jeu… "Honnêtement, c’est plus difficile de s’y mettre. À domicile, on n’est pas spécialement dans un climat de travail. Mais tout ce qui est laboratoire, globalement cela fonctionne bien. On se réveille, on se connecte à 8h et puis on s’y met !"

Les vertus du travail à distance

Pour François Quitin, cette situation contrainte et forcée a également des vertus. "Il y a un aspect positif finalement : les étudiants doivent se motiver eux-mêmes, donc on a parfois un engagement plus marqué que quand on a des étudiants mollement assis dans un laboratoire. Ici on a des étudiants qui sont plus impliqués, plus motivés. Et qui sont obligés de faire le travail eux-mêmes de façon plus autonome."

Ce professeur prend pour exemple notamment les questions que lui posent les étudiants. "Il ne suffit pas juste de lever sa main et d’avoir l’assistant derrière son épaule. Les questions qu’on a sont plus sophistiquées, un peu plus réfléchies que ce qu’on pourrait avoir dans un laboratoire en présentiel."

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