Transformée en commerce, l'église Saint-Jacques est à nouveau fermée

Les lourdes portes en bois de l'église Saint-Jacques sont à nouveau closes. Le panneau d'une agence immobilière annonce la remise en location du bien. Depuis sa transformation en magasin en 2015, l'édificie religieux classé a déjà vu deux enseignes se succéder. La dernière en date, America Today, n'a fait qu'une brève apparition durant la période des soldes. Quant au premier locataire, Scotch et Soda, il a jeté l'éponge après trois ans d'activité, faute de rentabilité.

Pourtant il y a du va-et-vient dans l'église. Le samedi, jour de marché à Namur, ce sont parfois 200 ou 300 personnes qui pénètrent dans l'édifice. Mais pas nécessairement pour acheter des vêtements. Il y a beaucoup de curieux, de touristes et même des pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, puisque l'église est une des étapes reconnues du pèlerinage.

Et les charges locatives sont très lourdes : environ 15.000 euros par mois. Avec un tel loyer, il faut en vendre des pantalons, des chemises et de robes avant de dégager des bénéfices. En mars dernier, Scotch et Soda a déménagé dans une surface beaucoup plus petite, et surtout plus modeste, quelques maisons plus loin dans la même rue.

Mais le montant élevé du loyer n'explique pas tout. L'édifice est classé et la façade a été restaurée sans transformation. L'absence de vitrine est un handicap, surtout pour un commerce de vêtements. Plus généralement, Namur peine à attirer des enseignes d'un certain standing, susceptibles d'occuper un lieu prestigieux comme l'église Saint-Jacques. Max Mara, Scapa, Delvaux, Rolex, Marcolini... ils ont tous déserté la capitale wallonne ces dernières années.

Archives : On n'est pas des pigeons 05/04/2016

Une nouvelle vie pour les anciennes églises désacralisées : exemple avec la brasserie du Clocher à Malonne, un magasin de vêtements à l'église Saint Jacques de Namur, et le dancing Spirito à Bruxelles.

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